L'opposition a depuis mardi déclenché une offensive diplomatique pour tenter de convaincre la communauté internationale du bien fondé de leur action qui est celle du refus des assises nationales dans son format actuel. Une forte délégation de l'union de l'opposition a rencontré dans ce cadre l'ambassadrice de France aux Comores, mardi 23 janvier.
« L'union de l’opposition est dans une démarche de sensibilisation notamment de la communauté internationale sur le danger que fait peser Azali en voulant pourfendre la constitution en supprimant la tournante. Des actions qui sont susceptibles de déstabiliser le pays », a d’emblée déclaré Mouigni Baraka Said Soilihi parmi les leaders de l'opposition qui ont rencontré mardi, Jacqueline Bassa-Mazzoni, ambassadrice de France à Moroni.
Cet ancien gouverneur de l'île de Ngazidja laisse entendre que la rencontre avec la représentante de la République Française n'est qu'un début d'une offensive diplomatique que l’opposition compte déclencher pour contrer les assises dont la première étape a été franchie cette semaine après la fin des travaux des ateliers thématiques.
« Nous sommes loin des objectifs fixés par l'ancien ministre Ali Bazi Selim (Président du Mouvement du 11 Août, ndlr). Ses vœux pour des assises inclusives qui regrouperont tous les comoriens sans distinction aucune, sont aujourd'hui confisquées par Azali et ses collaborateurs pour de desseins personnels », croit-il savoir. Mouigni Baraka appelle le président de la République à se concentrer sur son quinquennat au lieu de se lancer dans des tentatives de vouloir changer la constitution.
« La préoccupation de ce régime ce n'est ni le quotidien des comoriens encore moins l'avenir du pays, mais plutôt la révision de la constitution pour pouvoir s'éterniser au pouvoir. Alors que voilà deux ans, il n'y a rien qui montre que ce gouvernement s'occupe de sa population », fait-il observer. Et lui de dénoncer, dit-il, le double langage du président qui assure à l'extérieur que l'opposition participe aux assises pendant qu'à l'intérieur il tient un autre discours selon lequel l'opposition préfère boycotter l'événement.
« Je l'appelle à se ressaisir et qu'il arrête son entêtement à vouloir organiser des assises d'ores et déjà rejetées par la majorité des comoriens, car mieux vaut tard que jamais. Bien que certains l’incitent à foncer au risque d'éclater le pays », a-t-il martelé.
« J'ai l'impression que les 10 ans qu'il (le président) a passé en dehors du pouvoir ne lui ont pas servi de leçon. « Je n'avais pas imaginé que sa première préoccupation après son retour au pouvoir, c'est de voir comment s'éterniser au pouvoir (…) », a-t-il martelé. Mouigni qui déplore « une atmosphère de terreur et les libertés menacées par le ministre de l'intérieur, dit-il, on empêche un élu de s'exprimer. On nous poursuit jusqu'à dans les mosquées ».
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.
