Et si les vrais raisons de la situation qui prévaut au palais du peuple est à chercher ailleurs. La guerre froide que se livre les deux seuls députés de la Crc à l'assemblée pour une question de leadership dont la finalité serait le contrôle à distance de cette institution.
Les trois sièges du conseil de l'île d'Anjouan deviennent l'objet de toutes les convoitises dans un parlement sans une réelle majorité. Et quand des conflits d'égo que l'on croyait à tort aplanis (réconciliation Crc à Mbeni) refont surface, la crise devient plus complexe qu'on ne l'imagine. Et si se sont les élus qui l'engagent, c'est tout le pays qui est placé dans l’œil du cyclone.
C'est ce qui se passe aujourd'hui au parlement où la guerre froide que se livrent Maoulana Charif et Ali Mhadji, les deux seuls députés issus de la Crc, risque de transformer l'assemblée nationale en un champ de bataille par blocs interposés. Entre la coalition autour d'Abdou Ousseini président de l'Assemblée nationale, incarné par l'Updc, Crc, Radhi, Rdc et l'autre coalition autour du Juwa, Crc, Updc, les analystes s'y perdent. Vient s'ajouter la nature qui fait que la plupart de nos leaders d'opinion soient versatiles, n’obéissant à aucun idéal politique.
Qui aurait cru que le bloc Updc, Crc, Radhi pour amener au forceps Abdou Ousseini au perchoir ne tiendrait qu'une seule session. Ou la coalition Juwa-Rdc pour faire barrage justement à l'Updc ne serait qu’un simple mirage. Le hasard a fait que les comoriens votent un parlement hétéroclite ce qui n'a pas facilité les choses. Et les trois conseillers d'Anjouan censé siéger au parlement deviennent aujourd'hui l'enjeu crucial que les deux frères ennemis, tentent de se les arracher, pour le contrôle à distance de l'institution.
Il faut rappeler que sur 33 élus, le parti Juwa revendique une coalition de 19 députés y compris les trois représentants du conseil de l'île d'Anjouan. Un rapport de force qui serait contrebalancé par l'admission par le président de l'assemblée de la liste controversée des 3 autres conseillers qui lui sont favorables. A ce stade, les deux camps se retrouveront à parité dans l’hémicycle, ce qui semble être à l'origine des échauffourées qui ont émaillé l'ouverture de la session de la semaine dernière.
Des questions se posent sur le jeu que joue la Crc dans cette crise qui n'en est pas une et qui serait à l'origine ? Son avenir est-il dans la coalition avec ses opposants déclarés à savoir l'Updc de Mamadou et le Rdc de Mouigni qui disent incarner l'opposition. Ou la logique de la coalition au pouvoir doit se refléter à l'assemblée nationale ?
La position de la Convention pour le renouveau des Comores doit être claire faute de quoi, elle précipitera le pays dans l'inconnu. Ce qui n'est pas dans son intérêt de par son statut de parti au pouvoir. Il reste à savoir si la rencontre entre le président de la République et une délégation du parti Juwa a abouti à quelque chose de conciliant.
A entendre un ministre présent lors de cette rencontre qualifiée par les observateurs de dernière chance : « la rencontre était cordiale et n'avait rien de particulier ». Une phrase qui en dit long sur l'atmosphère qui règne au sein de coalition Juwa-Crc qui a porté Azali à la tête de l'État et qui se retrouve aujourd'hui mise à l'épreuve du pouvoir.
Maoulida Mbaé
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