La Gazette

des Comores

Assassinat du journaliste Jamal Kashoggi « De la cuisine interne saoudienne », la phrase de trop…

Assassinat du journaliste Jamal Kashoggi  « De la cuisine interne saoudienne », la phrase de trop… © : HZK-LGDC

La route nationale allant de Hahaya à Mitsamiouli a été inaugurée hier. C’aurait dû être un événement réussi pour le gouvernement. Dû, parce que le président de la république, en quelques phrases a tout gâché. Celui-ci, parlant de l’assassinat du journaliste saoudien, Jamal Kashoggi, a notamment déclaré « que c’était de la cuisine interne saoudienne »


C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. La petite phrase qui annihile tous les efforts fournis par le gouvernement dans l’inauguration triomphale, ce 17 janvier, de la route menant de Hahaya à Mitsamihuli, la capitale du nord. L’opinion publique n’aura retenu que ce propos malheureux et indécent. En effet, le président de la république, Azali Assoumani lors de son allocution, selon la page Facebook du quotidien Masiwa a dit ceci : « un saoudien assassiné dans une ambassade saoudienne, où est le mal ? Donner une ampleur internationale à cette affaire relève de la méchanceté ». Propos confirmés par une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux.

 

Les propos du président n’ont pas tardé à susciter l’indignation des journalistes mais aussi des citoyens lambda. Des journalistes, parce qu’il faisait ainsi référence à l’assassinat du journaliste dissident saoudien, Jamal Kashoggi assassiné dans un consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul le 2 octobre dernier. L’affaire avait tenu en haleine l’opinion internationale. Le journaliste, selon des révélations de la presse turque a été démembré alors qu’il était encore en vie dans le consulat.

 

Anziza M’Changama, membre du Comité de Surveillance des journalistes comoriens a fait part du choc qui est le sien. « Je suis d’autant plus choquée que le président dit avoir été étonné du battage médiatique international qui a suivi la disparition puis le meurtre de Jamal Kashoggi ; Ses propos sont d’autant plus choquants que des élections auront lieu très bientôt  ici, quand on sait que c’est une période propice aux tensions et aux attaques contre les journalistes, cette prise de position contre le battage médiatique paraît de mauvais augure ».

 

L’ancien directeur général d’Al-watwan et correspondant de l’agence Reuters, Ahmed Ali Amir,  dit, lui, avoir « été scandalisé par la légèreté avec laquelle le président a abordé le meurtre du journaliste Jamal Kashoggi, un sujet grave qui a bouleversé le monde entier et a endeuillé la profession ». Celui-ci a ajouté que les propos du président étaient de nature à mettre mal à l’aise, le Royaume saoudien. « L’Arabie saoudite, qui ne cesse de donner au monde entier des assurances sur la sincérité des poursuites engagés contre les auteurs de l’assassinat ». 

 

Il est vrai qu’un procès s’est ouvert en janvier et le procureur a requis la perpétuité contre 5 des auteurs présumés de l’assassinat. L’ancien patron du journal d’Etat a conclu de la sorte : « ces propos sont d’autant plus graves par le fait que le corps du collaborateur du Washington Post n’a pas été retrouvé afin de permettre à sa famille de faire le deuil ; quand un président commet un tel dérapage, il est impératif de rectifier le tir ». 

 

Premier politicien à s’être publiquement exprimé, le candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle, Salim Saandi a « condamné fermement les propos malheureux et choquants qui vont à l’encontre des droits de l’homme et respect de la vie humaine ». Il a demandé, en outre au chef de l’Etat « de revenir sur ses propos et présenter ses excuses à la famille du journaliste assassiné ».

 

Fsy

 

 


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