La Gazette

des Comores

Arrêt des visas diplomatiques par la France / Une mesure à portée symbolique

Arrêt des visas diplomatiques par la France  / Une mesure à portée symbolique © : HZK-LGDC

Les sanctions ciblées décidées par les autorités françaises à l'endroit des officiels comoriens en guise de représailles au refus des autorités comoriennes d'accueillir les refoulés de Mayotte ont-elles une portée symbolique plutôt que punitive ?C'est ce que le chef de la diplomatie comorienne a laissé entendre à la sortie de la rencontre avec l'ambassadrice de France aux Comores.


« Nous n'avons pas demandé à ce que ces mesures soit levées. Parce que le gouvernement français peut décider de prendre des décisions souveraines par rapport aux gens qui rentrent en France », a d'emblée déclaré Mohamed El Amine Soeuf ministre comorien des affaires étrangères, à la sortie de l'audience qu'il avait accordée à l'ambassadrice de France à Moroni.

 

Et poursuivre : « vous savez très bien que quand on abrite une organisation internationale comme l'Unesco, ou bien une organisation des Nations Unies à Genève, je crois que la partie française ne pourra pas empêcher toute autorité qui souhaiterait effectuer une mission officielle dans ces organisations. S'il y a des colloques ou des forums qui sont organisés en France, je crois tout simplement que les autorités françaises peuvent ne pas adresser une invitation aux autorités comoriennes qui sont intéressées ».

 

Convaincu que les sanctions frappant les officiels comoriens, interdits de visa pour la France et l'espace Schengen n'est qu'une « mesure provisoire », M. Soeuf fait savoir que ce qui intéresse la partie comorienne « c'est de parvenir à une solution pérenne sur la question de Mayotte » et non « la question du visa pour les autorités qui veulent se rendre en France ».

 

A l'en croire, ces mesures auront peu d'impact surtout au niveau de l'économie. « Il y a longtemps que les Comores commercent peu avec des États de l'Union Européenne. Les comoriens se sont tournés vers la Chine, la Turquie ou la Tanzanie. De plus en plus de comoriens se rendent en Inde pour se faire soigner avec le coût que cela exige que ce soit le soin en lui-même ou l'hôtel », a-t-il fait expliqué.

 

Le chef de la diplomatie comorienne regrette les mesures prises par la France qui sont malgré tout « de nature à entraver les discutions » entamées par les deux parties.  

 

Interpellé pour savoir si la partie comorienne envisage des mesures semblables au nom de la réciprocité, la réponse ne s’est pas fait attendre. « Nous aussi, nous avions envisagé un certain nombre de dérogations. Mais aujourd'hui, on n'est pas en mesure d’évoquer ces dérogations. Aujourd'hui nous restons là où nous sommes. Nous sommes fermes comme la partie française et ferme. Tout en étant ouvert au dialogue ».

 

A noter qu'en 2016, les échanges bilatéraux entre les Comores et la France ont atteint 49 millions d'euro selon le ministère français de l'économie et des finances. Soit une hausse de +24,6% par rapport à l’année précédente. L’excédent commercial en faveur de la France s’élève à 32 millions d'euro, et tant leurs exportations que leurs importations sont concentrées sur un nombre très limité de produits. Avec 14,7% de part de marché, la France est le troisième fournisseur des Comores après la Chine et le Pakistan, et son deuxième client après l’Inde avec une part de marché de 17% (source FMI 2015).

 

La suspension des visas diplomatiques et de service par Paris entre dans sa deuxième semaine, et rien ne semble indiquer une évolution dans le processus de négociation, sur cette grave crise qui a éclaté à Mayotte et dont les comoriens des trois autres îles sœurs sont « stigmatisés » comme étant à l’origine des violence dans cette île.

 

 

        

 

 

        


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