La Gazette

des Comores

Anjouan / Couvre-feu de 20h à 06h du matin dans la préfecture de Mutsamudu

Anjouan /  Couvre-feu de 20h à 06h du matin dans la préfecture de Mutsamudu © : HZK-LGDC

Le ministre de l’Intérieur s’est exprimé hier lundi suite à la situation tendue à Anjouan. Mohamed Daoudou accuse le gouvernorat de l’île d’Anjouan d’être à l'origine de ce soulèvement. Depuis hier lundi, un couvre-feu a été décrété, de 20h00 à 06h00 du matin.


Anjouan s'est réveillée hier, sous les coups de feu. Des barricades sont érigées sur les principaux axes routiers, bloquant totalement la circulation. Et ce depuis 4h du matin. Après le déploiement des forces armées à Anjouan, le ministre de l’Intérieur parle d’acte désolant à 1 jour du match Comores/Maroc. Mohamed Daoudou a annoncé la réouverture des axes routiers de Nyumakelé, Moya, Sima et Mutsamudu. « On a vu les évènements du référendum mais ce dont on a assisté aujourd’hui est préoccupant, a déclaré le ministre en référence aux civils armés qui ont affronté les forces de l'ordre. Du jamais vu dans le pays.

 

« Le gouvernement va prendre ses responsabilités », dira-t-il. D’entrée, le premier flic du pays a annoncé un certain nombre de mesures comme un couvre-feu dans la préfecture de Mustamudu de 20h à 06h du matin. Il a annoncé aussi le contrôle des frontières de l’île d’Anjouan par les forces de l’ordre. « La nouveauté dans ces évènements est de voir les civils cagoulés prendre les armes. Mais à l’heure où je vous parle, ils ont été identifiés ».

 

Le ministre de l’Intérieur a rendu hommage aux forces de l’ordre pour leur attitude mais surtout d’avoir gardé leur sang froid. « Depuis que les évènements ont commencé, les forces de l’ordre n’ont tiré aucun coup de feu », affirme Mohamed Daoudou. Ce dernier pointe du doigt le gouvernorat de l’île et l'accuse d'être à l’origine de cette « fronde » à Anjouan. Le ministre a cité le directeur des impôts d’Anjouan, le DAF, le contrôleur financier, le trésorier de l’exécutif de l’île et certains commissaires comme étant impliqués dans cette affaire. «L’opposition n’a rien à avoir avec ces évènements », précise le ministre.

 

De son côté, le chef de l’Exécutif de l’île, cloîtré à son domicile durant toute la durée des événements, a déclaré qu’il s’attendait à ce que le gouvernement lui fasse porter le chapeau. « J’ai appris comme les autres qu’il y a des coups de feu et des barricades dans certains endroits de l’île. Maintenant, on cherche à savoir l’origine de ces évènements », a déclaré Salami Abdou. Le gouverneur d'Anjouan assure qu’ils n’ont rien à voir avec les civils armés contrairement à ce qu'affirme le gouvernement de l’Union. « Depuis le début, on évite l’idée de prendre les armes », dit-il. A l’heure où nous mettions sous presse, la situation à Anjouan ne s’était toujours pas apaisée.

 

Mohamed Youssouf

 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.