La Gazette

des Comores

Anissi Chamsidine : « Sambi est victime de la lourdeur de notre système judiciaire »

Anissi Chamsidine : « Sambi est victime de la lourdeur de notre système judiciaire » © : HZK-LGDC

Le cas Sambi, les liens entre le parti Soma du gouverneur d’Anjouan et la CRC du chef de l’Etat, les législatives… Le gouverneur d’Anjouan a répondu aux questions de La Gazette des Comores / HZK-Presse.


Question : Comment se sont déroulées les élections législatives du 19 janvier ?

Anissi Chamsidine : Les observateurs de l’UA et la CENI ont donné leur appréciation. Je ne vais pas m’étaler sur ce sujet. Attendons la décision de la Cour suprême qui est la haute juridiction du pays. En tant que premier magistrat de l’île, je n’avais qu’une seule préoccupation : que les législatives se déroulent dans la paix et qu’elles ne deviennent pas une source de conflit ! Chose faite, je remercie Dieu. Je sais que des candidats aux législatives ont fait des concessions politiquement douloureuses, mais nécessaires pour l’intérêt général, car la paix n’a pas de prix. Je les remercie en leur disant que le Saint Coran nous enseigne : « Il se peut que vous détestiez quelque chose alors que c’est un bien pour vous. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle vous est néfaste. C’est Allâh qui sait, alors que vous ne savez pas »


Question : Le courant ne passerait pas entre SOMA et les lieutenants d'Azali à Ndzouani. Comment expliquez-vous le comportement de la CRC au niveau de l’île ?

 

AC : CRC et SOMA constituent une famille politique au sein de la Mouvance. Dans une famille, comme le président de la République l’a souligné, il arrive parfois que des différends existent entre les enfants. Ce qui est normal, car chacun de ces deux partis politiques a ses propres missions et objectifs régis par un statut. Mais notre point commun repose sur la volonté commune d’accompagner le président dans le développement du pays.   


Question : On estime qu'Azali veut faire de son CRC le parti unique du pays, les législatives seraient un bon exemple de cette vision. Partagez-vous cette opinion ?

 

AC : La nouvelle constitution défend le pluralisme politique mais n’empêche pas un parti de prendre un leadership dans la vie politique.  


Question : L'évacuation de Sambi sans être jugé ne serait-il pas le cas Djohar vers Bourbon aux années 90 ?

 

AC : Avant de répondre à votre question, je commence par implorer Dieu pour que la santé de l’ancien président se rétablisse rapidement, c’est ce qui est le plus important et le plus urgent. Je salue, ensuite, la volonté du gouvernement d’engager des procédures d’évacuation de cette haute personnalité à l’étranger. Quant aux situations de deux anciens chefs d’Etat, le feu Said Mohamed Djohar et Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, elles ne sont pas comparables, car l’un était victime d’un coup d’État et de déportation, ce qui fut une humiliation pour les Comores. Par contre, l’autre est victime de la lourdeur de notre système judiciaire comorien.  

 

Question : Où en est-on avec le lycée d'excellence, sachant que la nouvelle Constitution concentre les pouvoirs sur l’éducation au Ministère ?

AC : Je suis fermement convaincu que l’excellence dans l’éducation est un passage obligé pour tout pays qui se prépare à l’émergence, car il faut des ressources humaines compétentes pour accompagner ce processus. Actuellement, le gouvernorat d'Anjouan n’a pas les moyens de relancer ce projet. Nous menons de réflexions sur une adaptation de ce grand projet au nouveau cadre institutionnel et nous menons un plaidoyer auprès de l’Etat pour en faire un projet d’envergure nationale : la promotion de l’excellence dans notre système éducatif national. Nous nous réjouissons de l’allocution du Chef de l'Etat du 27 janvier dernier, à l’occasion du 3ème Forum international sur l'éducation à Djibouti, au cours de laquelle il a déclaré l’éducation comme priorité du gouvernement comorien pour l’année 2020.

Question : Un message particulier ?

AC : J’appelle les Comoriens en général, les Anjouanais en particulier à prêcher dans le deuxième tour des législatives le même climat de paix et de concorde. C’est donc un message de réconciliation, de pardon et de paix sociale qu’il nous faut véhiculer pour rendre effectives les conditions nécessaires au développement des Comores.

Propos recueillis par NJ

 


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