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des Comores

Agriculture : Une nouvelle approche portée par le parti USHE

Agriculture :  Une nouvelle approche portée par le parti USHE © : HZK-LGDC

La consultation citoyenne organisée dimanche 25 janvier à Mandza ya Mbude par le parti USHE n’a pas été une simple rencontre d’échanges. Elle s’est imposée comme un moment fort de réflexion politique autour d’un secteur clé : l’agriculture, pilier historique de l’économie comorienne, aujourd’hui fragilisé par de nombreux blocages.


Au centre des discussions, deux problèmes majeurs : l’insécurité foncière et l’accès à l’eau. Pour Karina Moilime Djoussouf, secrétaire générale du parti, ces deux enjeux sont les bases d’une production durable. « Sans terres sécurisées et sans eau, il est impossible de produire de manière stable », a-t-elle expliqué. Pour y répondre, USHE propose la création de zones agricoles protégées et clairement identifiées, afin de réduire les conflits fonciers, protéger les terres contre la spéculation et freiner l’abandon des champs. Le parti souhaite également remettre en valeur les terres laissées en friche, alors même que de nombreux producteurs manquent d’espace pour cultiver.

Autre pilier de la vision d’USHE : l’irrigation. Le parti plaide pour des solutions adaptées aux réalités locales, allant du captage et du stockage de l’eau à des systèmes d’irrigation de proximité, comme le goutte-à-goutte. Cette approche s’appuierait sur des partenariats techniques avec des pays et des experts disposant d’une expérience reconnue dans le domaine. Pour USHE, l’agriculture ne doit plus se limiter à une simple activité de subsistance. « Produire sans transformer ni vendre correctement appauvrit les agriculteurs », souligne Karina Moilime. C’est pourquoi le parti place la structuration des coopératives au cœur de son programme. Ces organisations permettront de mutualiser les terres, les équipements et les intrants, tout en renforçant la capacité des producteurs à négocier sur les marchés.

L’accompagnement technique, en partenariat avec des experts et des acteurs de terrain, vise à améliorer les pratiques agricoles et la gestion collective. Le parti entend également soutenir la transformation locale grâce à l’accès à des machines et à des unités adaptées, afin de créer de véritables chaînes de valeur, de la production à la commercialisation. Fidèle à sa démarche participative, USHE ne souhaite pas attendre d’être au pouvoir pour agir. Des comités d’appui agricole devraient voir le jour afin d’accompagner concrètement les producteurs, notamment par la formation, l’assistance technique et la recherche de financements. La région du Mbude est pressentie pour accueillir le projet pilote. La question de la jeunesse a occupé une place centrale lors des échanges. Le parti s’inquiète du désintérêt croissant des jeunes pour l’agriculture. « Le manque de perspectives pousse certains à vendre leurs terres pour financer leur départ à l’étranger », regrette la secrétaire générale.

Pour y remédier, USHE propose une stratégie fondée sur l’éducation, la valorisation sociale et les opportunités économiques. L’introduction de l’agriculture et de la pêche dans les programmes scolaires, dès le plus jeune âge, vise à changer le regard porté sur ces métiers. Le parti souhaite aussi promouvoir une image moderne de l’agriculteur : un acteur économique, innovant et créateur de richesses.

En combinant accès à la terre, eau, formation, accompagnement technique et débouchés économiques, USHE entend faire de l’agriculture un choix d’avenir pour la jeunesse comorienne, et non une solution par défaut. À Mandza ya Mbude, le parti a ainsi réaffirmé sa volonté de construire ses propositions à partir des réalités du terrain, avec les citoyens. Une démarche qui ambitionne de transformer l’agriculture en véritable moteur de développement durable pour l’archipel.

Mohamed Ali Nasra

 

 


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