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des Comores

Affrontements à Anjouan / Deux morts et plusieurs blessés dont un enfant

Affrontements à Anjouan / Deux morts et plusieurs blessés dont un enfant © : HZK-LGDC

Théâtre d'affrontements entre forces de l'ordre et civils armés depuis 48 heures, le calme est loin d’être rétabli à Mutsamudu. Hier mardi, on comptait deux morts et plusieurs blessés dont un enfant. Parmi eux, certains auraient besoin de transfusion sanguine. La médina, elle, est quadrillée par l'armée. Une situation difficile à supporter pour les habitants.


La situation est loin d’être apaisée à Anjouan. L’armée occupait mardi matin les principales entrées de la ville, selon plusieurs habitants joints par La Gazette des Comores. Mutsamudu est totalement paralysée depuis lundi. Les voitures y sont rares, même si les barrages ont été levés, tous les commerces sont fermés et la majorité de la population reste cloîtrée chez elle. Premier bilan : deux morts et plusieurs blessés. Un jeune taximan de Sima est décédé après avoir reçu deux balles au dos. Et jusqu’à l’heure où nous mettions sous presse, il n’a pas pu être enterré.

« Ca fait des heures qu’on essaie de trouver une solution pour l’enterrer mais en vain. Les forces de l’ordre nous empêchent de pénétrer dans la zone pour aller l’enterrer et on ne peut pas le faire à l’intérieur », témoigne un habitant de la ville. Une deuxième personne a perdu la vie dans la soirée de mardi. Dans la nuit du lundi à mardi, deux bâtisses ont été rasées par une arme lourde. Un enfant serait blessé suite à l’effondrement de l’un des bâtiments. Des blessés aussi du côté de la population dans une tentative d'incursion de l'armée à Mutsamudu. « La moitié de la ville est sous le nuage des gaz lacrymogènes. Les enfants souffrent », poursuit notre interlocuteur, avant d’ajouter que « les blessés sont tous à l’hôpital et certains d’entre eux ont besoin de transfusion mais ils ne trouvent pas de sang ».

Hier soir, la médina était toujours assiégée par l'armée, qui n'avait toujours pas réussi à rentrer à l’intérieur. La population elle, s'inquiète de l’utilisation des armes lourdes. « Je croyais qu’ils ont été envoyés pour rétablir l’ordre mais pas pour utiliser des armes lourdes! Ce qu’on est en train de vivre est vraiment inquiétant ». Au terme d’une journée de violences, les autorités, qui accusent le gouvernorat d’Anjouan d’être à l’origine des troubles, ont imposé dès lundi soir un couvre-feu dans la préfecture de Mutsamudu. Un couvre feu qui va durer plus de six jours et mal vécu par la population anjouanaise.

« Il est temps que le ministre de l’Intérieur arrête de mentir! Il a imposé un couvre feu de 20h à 06h du matin. Mais dans la réalité, c’est faux. Ça dure de 06h du matin à 06h du matin », lâche un autre habitant de la ville, avant de préciser que « personne ne peut sortir car la ville est quadrillée par l’armée. On voulait aller faire nos provisions mais on n’a pas pu ». Au moment où nous mettions sous presse, les tirs raisonnaient toujours à Mutsamudu et ses environs.

 

Mohamed Youssouf

 

 

 


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