Situation extrêmement tendue à Anjouan qui est devenu le théâtre d’une insurrection depuis plus de 48 heures. Les tirs ont retenti hier encore et les affrontements entre hommes cagoulés et militaires se sont poursuivis jusque dans l’après-midi. Le gouvernement fait état de deux morts et de 4 blessés. Par ailleurs, les commerces étant fermés, les habitants de la capitale anjouanaise ont du mal à se nourrir et s’ajoute aussi le manque d’électricité.
Anjouan est en proie à une insurrection depuis lundi dernier. Les affrontements entre civils et militaires se poursuivent depuis plus 48h. Les informations en provenance de l’île sont extrêmement rares et sont souvent déformées. Le directeur de cabinet en charge de la défense, a, dans un communiqué publié sur Al-watwan de ce mardi, confirmé « deux morts et 4 blessés » qui seraient « le fait de criminels sous l’emprise de la drogue ». « Le cabinet de la défense tient à informer que la situation est maitrisée dans cette zone de la médina ; tous les criminels qui ont participé à ces actes inacceptables sont identifiés et seront remis à la Justice ».
Sur place, notamment à Mutsamudu où ont lieu les affrontements, la situation est extrêmement tendue, d’aucuns diraient même que la situation est hors de contrôle. Hommes cagoulés armés contre militaires se tenaient tête jusque dans l’après-midi de ce mercredi.
Les insurgés seraient encerclés par les forces de l’ordre mais il n’est pas évident « qu’elles puissent pénétrer le centre-ville dans lequel les rebelles sont retranchés ».
Et comme toujours, dans pareille situation, la faim se fait ressentir. Selon Mohamed Abdou (le nom a été modifié pour des raisons de sécurité), « les vivres viennent à manquer et personne n’ose sortir de chez lui, par peur, de toutes les façons, tous les commerces ont baissé leurs rideaux ». A l’en croire, les quelques familles qui ont pu s’échapper du centre-ville, se sont réfugiées dans des quartiers excentrés de Mutsamudu, accueillies par des familles proches ou des amis.
« Ceux qui n’ont pas pu quitter le centre-ville ont du mal à s’alimenter, les enfants et les personnes âgées sont les plus atteints par cette situation ».
Par ailleurs, notre témoin a fait état d’un blessé par balle « atteint au poumon, il vient de quitter l’hôpital et sa famille fait tout pour le faire quitter l’île, c’est une question de vie ou de mort ».
Il témoigne avoir vu « des personnes arrêtées qui se trouveraient à la présidence », ajoutant, « je l’ai vu de mes propres yeux ».
Pour rappel, le ministre de l’intérieur, Mohamed Daoudou avait annoncé lundi dernier, l’instauration d’un couvre-feu dans la préfecture de Mutsamudu, de 20h à 06h du matin, lequel allait durer 6 jours, à compter du 15 octobre. Un habitant de la capitale anjouanaise affirme que le couvre-feu « dure en réalité 24 heures sur 24, les forces de l’ordre nous empêchent de sortir ».
Faïza Soulé Youssouf
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