Des négociations entre les autorités centrales et celles de l’île d’Anjouan ont débuté hier en début de soirée. Elles font suite à la crise qui secoue le pays depuis le 15 octobre dernier où insurgés armés et militaires s’affrontaient dans la médina de la capitale anjouanaise. 3 morts au moins sont à déplorer ainsi que de nombreux blessés.
Dernier rebondissement dans la crise qui secoue l’Union des Comores depuis le 15 octobre dernier. L’île d’Anjouan, à Mutsamudu notamment, des hommes cagoulés et armés, repliés dans la médina échangeaient des tirs avec l’armée. Le bilan officiel fait état de 3 morts et plusieurs blessés. La situation a significativement évolué hier dans l’après-midi, avec la reddition de certains insurgés et la reddition de quelques autres.
Ce jeudi, dans la soirée, des négociations entre les pouvoirs centraux et insulaires ont commencé. L’Union est représentée par le ministre de l’éducation Salime Mahmoud et le commandant Fakri Mradabi, l’île d’Anjouan, par le secrétaire général du gouvernorat, Abdallah Mohamed et le conseiller juridique du gouverneur Salami, Mohamed Ahmed Salim. Les termes exacts des négociations n’étaient pas encore connus à l’heure où nous mettions sous presse. Cette rencontre de la dernière chance porte un nom : l’apaisement, partagé, il semblerait et par l’Union et l’île.
Le gouverneur Salami, a, par un communiqué publié le 17 octobre dernier, regretté l’implication des hommes armés le 15 octobre dernier dans la manifestation qui devait se dérouler sur l’île. « Un groupe d’hommes armés et cagoulés et l’armée nationale ont transformé cette manifestation en conflit armé ayant entrainé plusieurs dégâts matériels et humains dont des morts et des blessés », pouvait-on lire dans ce communiqué. Il avait par ailleurs appelé au dialogue et à la fin des hostilités.
Le gouvernement central aurait insisté pour que toutes les armes détenues par les insurgés lui soient remises. Une source proche du gouverneur, a fait savoir que « celui-ci ne pouvait pas négocier pour des armes alors que nous n’avons rien à voir avec les insurgés ». Selon le site Mayotte première, « bien que s’étant désolidarisé des insurgés, le gouverneur Salami a accepté une discussion en leur nom ».
La situation devenait intenable à Mutsamudu, notamment dans la médina d’où les habitants avaient de plus en plus de mal à se nourrir et s’abreuver depuis le début des affrontements le lundi dernier. Jeudi dans la soirée, selon des témoins sur place, des tirs résonnaient encore à Mutsamudu « mais de façon sporadique ». Il était très difficile pour les habitants de la médina de se déplacer, la ville étant pratiquement en état de siège. Un couvre-feu a par ailleurs été instauré le 15 octobre pour une durée de 6 jours.
Faïza Soulé Youssouf
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