La Gazette

des Comores

Affaires Sambi et Salami : La France agit « à bas bruit »

Affaires Sambi et Salami :  La France agit « à bas bruit » © : HZK-LGDC

Pour sa toute dernière rencontre avec la presse avant la fin de sa mission aux Comores à la fin de ce mois de juillet, l’ambassadrice de France à Moroni Jacqueline Bassa-Mazzoni a dévoilé la stratégie de Paris relative à la détention de l’ancien président Sambi et du gouverneur déchu d’Anjouan, Salami.


C’est une révélation qui pourrait ne pas parvenir à éteindre la colère de ces Comoriens vis-à-vis de la France, dont le silence sur les dossiers dits chauds est pointé du doigt. Mardi 13 juillet, à la veille de la célébration de la fête nationale française, l’ambassadrice de France à Moroni Jacqueline Bassa-Mazzoni a donné sa toute dernière conférence de presse. Celle dont la mission arrive à terme à la fin de ce mois de juillet a tenu cette rencontre à la résidence de France à Voidjuu, au nord de la capitale fédérale Moroni en présence d’une dizaine de journalistes.

 

La question de la perte d’influence de la France aux Comores en faveur d’autres puissances régionales et mondiales s’est inévitablement invitée. Et la diplomate se voulait imperturbable : « Notre objectif n’est pas d’être le premier », répond celle pour qui l’influence de la France consiste à accompagner la population « et non pour démontrer notre puissance ». Pour autant, la France ne lâche pas prise la question de leadership. « Je pense qu’on peut retrouver notre place en travaillant sur le soft [power] ».

 

Le soft power, cet art de la persuasion qui s’oppose au pouvoir coercitif. Pourquoi la France, patrie des Droits de l’homme, ne s’en sert pas pour plaider pour les droits des détenus à Moroni, au premier rang desquels l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi et le gouverneur déchu d’Anjouan Abdou Salami Abdou, détenus respectivement depuis mai et octobre 2018, sans jamais être jugés ? Cette France, avec l’Union Européenne, prompte à bondir jusqu’à sanctionner des autorités de Kremlin, quand ce sont les droits de Navalny, l’opposant à Poutine, qui sont bafoués. Le manque de réactions énergiques sur les violations des Droits de l’homme aux Comores ne constitue-t-il pas un facteur de perte de vitesse de Paris à Moroni ?

 

L’ambassadrice de France ne s’est pas laissée démonter face à cette question. Loin de là. « Il y a le visible et l’invisible. Ce n’est pas parce qu’on fait des choses à grand bruit qu’on est efficaces. On peut agir à bas bruit. Et pour tous ceux qui sont en difficulté, je n’en dirais pas plus », devait-il répondre, avant de poursuivre, relancée par la journaliste : « Nos deux présidents ont eu l’occasion de s’entretenir. Je vous ferai remarquer qu’après la visite du président Azali Assoumani en juillet [2019] à Paris, quelques semaines après il y a eu des libérations et des grâces qui ont été accordées. La discussion entre les chefs d’États, c’est valable pour tous les pays. Ils mettent sur la table les problèmes qu’ils ont à évoquer. On ne s’interdit rien. Mais c’est vrai qu’il y a des choses pour lesquelles il vaut mieux agir à bas bruit que de faire grand bruit. C’est notre manière d’agir ». Mais c’est vrai, aussi, que c’est à la France, seule, de choisir à qui accorder de l’importance et pour qui agir « à bas bruit »…

 

Andjouza Abouheir

 


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Commentaires (1)

  1. Yahaya Ali Aboudou:
    14/07/2021 à 04:42 AM

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