L’avocat de l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi s’est exprimé samedi dernier sur l’inculpation et l’incarcération de son client. Ce dernier reste convaincu que la détention de son client est « politique » et qu’il est « séquestré » pour sa popularité.
Cela fait deux ans que l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi se trouve en détention dans le cadre de l’affaire de la citoyenneté économique. Malgré ses deux ans en détention, l’ancien rais n’a toujours pas eu droit à un procès. Samedi dernier, son avocat est revenu sur son inculpation et de son incarcération. Me Ahamada Mahamoud estime que beaucoup de choses se font sans le moindre respect des procédures. « Le code de procédure pénale a donné au juge l’autorisation de le détenir 4 mois dans un premier temps et si son travail n’est pas fini, de renouveler encore 4 mois. Si le délai de 8 mois est dépassé, le juge doit motiver sa décision pour pouvoir le retenir en mandat de dépôt ou bien le libérer », explique Me Mahamoud. L’avocat parle d’une situation de non droit dans la mesure où depuis le 20 avril 2019, l’ancien président est en détention préventive sans la moindre décision de justice. « Aujourd’hui, on a tout compris du caractère politique du dossier », poursuit-il.
En pleine pandémie du Covid-19, l’avocat a écrit au juge d’instruction le 20 avril dernier pour demander la mise en liberté d’office de son client. Ce dernier n’a pas accepté la demande et estime que Sambi est poursuivi par l’art 151 pour détournement de fonds et qu’il doit rester en détention. L’avocat a fait appel auprès de la chambre d’accusation et ce dernier a encore confirmé la décision du juge d’instruction le 05 mai dernier. Une décision amère pour Me Mahamoud. « J’étais sidéré. C’est un deuil pour notre droit. De l’arbitraire dit par la justice. C’est pourquoi aujourd’hui je peux dire que ce n’est pas une détention mais une séquestration de l’ancien président », déplore-t-il, avant d’ajouter que « on peut détester Sambi et Mahamoud mais on doit toujours respecter la loi car elle est impartiale ». Face à ce grand dilemme, l’avocat va se pouvoir en cassation et se diriger vers la Cour Suprême. Ils auront la latitude d’annuler ou de confirmer l’arrêt de la Chambre d’accusation.
Pour rappel, le juge d’instruction dit avoir terminé son travail et qu’il reste au procureur de la République de faire son réquisitoire définitif. Mais depuis, rien n’a été fait. L’avocat de Sambi estime que c’était une façon d’apaiser l’opinion publique et que si audience il y a, elle aura lieu au mois de juin prochain.
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