Dans une conférence de presse, le parti Juwa s’est défendu de toutes les accusations dont il est l’objet de la part du gouvernement. La formation politique de l’ancien président Sambi a aussi manifesté son regret par rapport au climat politique délétère que traverse le pays actuellement.
Pendant plus d’une heure, le bureau politique du parti Juwa a condamné fermement l’acte barbare dont a été victime le sergent Ali Radjabou en accusant indirectement le Ministre de l’Intérieur d’avoir fait acte «d’irresponsabilité». Le parti de l’ancien raïs dit rester fidèle aux accords de Fomboni et à sans surprise rejette catégoriquement le référendum du 30 juillet dernier. « Les Comores vivent des élections truquées et anti-démocratiques mais celles du 30 juillet dernier sont pires », a martelé d’entrée Mohamed Msaidié. Revenant sur les faits, ce député de Moroni Sud et ses collègues n’ont pas mâché les mots. L’un après l’autre, ils ont rabâché que le «référendum est illégal et illégitime », d’abord parce qu’il n’y a pas eu de dialogue puis parce que le code électoral n’a pas été respecté. Le tombeur de Mohamed Daoudou Kiki aux dernières législatives a regretté que le président de la République et le régime en place aient campé sur leur position malgré les recommandations de la Communauté Internationale.
Toujours sur le même ton, le coordinateur du parti Juwa à Ngazidja dénonce vigoureusement une mascarade électorale. Ismaila Msaidié assène que le scrutin n’a pas suivi les normes légales et regrette qu’une vingtaine de bureau de vote soit éliminée pour la seule et unique bonne raison que « les ascenseurs de la seule équipe n’ont pas su remplir les procès-verbaux». «Parmi les choses que nous regrettons, c’est qu’il y’a quelques jours de cela, les résultats du soit disant scrutin ont été officialisés et qu’un régime qui n’avait aucun concurrent, qui n’avait d’autres ascenseurs que les leurs, a vu plus de 20 urnes éliminées parce qu’il n’avait pas des personnes compétentes pour remplir les procès-verbaux», lance comme une flèche le conseiller du Ngouwéngwé.
Le Juwa qui dénonce «les méthodes répressives et les arrestations ciblées » du régime, explique que 4 des 8 membres du bureau sont emprisonnés «mais que le parti ne s’affaiblit pas ». Et quant au sort du secrétaire général dudit parti, Ahmed Hassane El-Barwane, qui serait «victime de l’acharnement » du pouvoir, selon son avocat, les conférenciers ont montré que Barwane a été accusé de complicité de tentative d’assassinat. «La complicité messieurs les magistrats a deux formes : passive et active. Et en matière de droit, il y a aussi ce qu’on appelle non-assistance à personne en danger qui est assimilée à une complicité passive. […] et dans ce cas, les deux personnes qui ont confirmé avoir été au courant de ce qu’il allait se passer, ne devraient-elles pas être entendus par la justice ?», rétorque Ibrahim Mohamed Soulé. C’est dans ce sens aussi, que le parti Juwa de l’ancien président se dit être solidaire à l’ancien Rais et invite la justice à tirer la vérité sur ces deux affaires dans le respect et la dignité humaine. «Que la justice soit objective dans toutes ces affaires afin d’éviter toute partialité et penchant», insiste le député Juwa à Moroni Nord.
Le parti Juwa se lave donc de tout soupçon sur l’affaire Ali Radjabou et appelle le régime d’arrêter d’utiliser des noms pour justifier des faits non-établis. Les conférenciers excluent toute complicité du parti dans cette affaire qui a failli couter la vie à un citoyen et militaire comorien. «Les partis de l’Opposition et en particulier le Juwa dénonce l’acte barbare dont a été victime le militaire Ali Radjabou et nous lui souhaitons bon rétablissement. Nous appelons, en effet, à la justice de mener à bien son travail afin que les coupables répondent de leurs actes», lance Mohamed Msaidié.
Pour finir, le Juwa promet ne pas présenter de candidat aux prochaines élections présidentielles anticipées (annoncées pour 2019) stipulées par la nouvelle constitution mais jure d’user de tous les moyens et stratégies diplomatiques pour qu’il y ait dialogue et consensus. «Comment peut-il y avoir d’élections sans révisions du code électoral qui est une loi organique s’affiliant à la constitution ?», se questionne le député Mohamed Soulé. «D’ailleurs, le climat politique ne permet pas de tenir sereinement des élections», a-t-il poursuivi. Et lui d’expliquer que le Juwa ne peut pas s’opposer au référendum et se présenter aux élections présidentielles anticipées sans dialogue.
A.O Yazid
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