La cour de sureté de l’Etat a entamé depuis hier jeudi les audiences relatives aux nombreuses affaires politico-judiciaires ayant défrayé la chronique ces derniers mois. A commencer par celle dite des clous du tarmac de l’aérodrome de Mohéli, qui sera suivie ce vendredi par celle de la « tentative de coup d’Etat », dont le procès devrait se tenir dans les mêmes conditions. Des audiences placées sous très haute surveillance militaire, dans un Plais de justice de Moroni inaccessible au public et quadrillé par un imposant déploiement des forces de l’ordre.
Affaire des clous déversés sur le tarmac de l’aéroport de Bandar es Salaam, à Mohéli en février dernier. Le verdict est tombé pour les deux prévenus après plus de 3 heures de délibération par la Cour de sûreté de l’Etat, ce 13 décembre. Et il est sans appel. Ismael Kassim écope de 8 ans de prison dont 18 mois de sursis, assorti d’une période de sûreté de 4 ans et Almoutawakil Ahamada Mouigni, a une peine de 5 ans de prison dont deux ans de sursis et d’une période de sûreté de 3 ans. Le Commissaire du gouvernement avait lui, requis 10 ans d’emprisonnement pour chacun des prévenus. Celui-ci a dit être sûr lors de son réquisitoire « que les deux prévenus voulaient en finir avec la vie du chef de l’Etat afin de créer une situation chaotique, comme celle qu’a connue le Rwanda avec la mort du président Habyarimana ».
Me Attick est consterné par cette sentence. « Nous sommes dégoutés par cette décision, et le verdict est encore plus difficile à avaler, il n’y a pas de cohérence parce que j’estime que balayer des éléments importants de la procédure pour une Cour qui rend des décisions en dernier lieu est regrettable, je pense qu’ils sont passés à côté de la vérité », a ainsi réagi à chaud l’avocat des deux inculpés.
Concernant les éléments dont il est question, Me Attick a apporté quelques précisions : « il y a des éléments du dossier qui n’étaient pas cohérents, et à cet effet, la Cour nous a demandé qu’il aurait fallu les soulever durant l’instruction et non à l’audience alors que nous avons eu ces éléments 3 jours avant le procès, malgré cela, nous avons quant même introduit des recours qui n’ont même pas été examinés ».
« Une mascarade judiciaire », a lancé le conseil de Almoutawakil. « Il n’y a pas eu de témoins, pas de saisie, le commissaire du gouvernement n’a fait que semer le doute ». Avant d’ajouter « qu’il estimait que ses clients ne méritaient pas une telle décision », tout en espérant « que la population comorienne allait se rendre compte du danger d’une telle juridiction ».
La Cour de sûreté est une juridiction d’exception. Ses décisions sont sans appels et ne sont donc susceptibles d’aucun recours. « Nous avons accepté de plaider auprès d’elle parce que mes clients ont été emmenés manu militari mais la population doit faire en sorte que cette cour soit supprimée », a-t-il expliqué. Pour rappel, Almoutawakil Ahmada et Ismael Kassim ont été placés en détention provisoire depuis plusieurs mois. Travaillant à l’aéroport de Bandar es Salaam à Mohéli, ils sont poursuivis pour attentat contre la sûreté de l’Etat et tentative d’assassinat du chef de l’Etat. Ils ont toujours crié leur innocence.
Pour rappel, Almoutawakil Ahmada et Ismael Kassim ont été placés en détention provisoire depuis plusieurs mois. Travaillant à l’aéroport de Bandar es Salaam à Mohéli, ils sont poursuivis pour attentat contre la sûreté de l’Etat et tentative d’assassinat du chef de l’Etat. Ils ont toujours crié leur innocence.
Faiza Soulé Youssouf
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