Arrêtés vendredi dernier et placés sous mandat de dépôt pour avoir mené une marche pacifique contre le pouvoir, Moustoifa Said Cheikh, Ibrahim Abdourazak et Ahmed Mahamoud Wadaane sont passés hier lundi devant le tribunal correctionnel de Moroni. Le procureur de la république a requis 12 mois d’emprisonnement avec sursis pour les trois dirigeants de l’opposition, pour « troubles à l’ordre public ».
Et rebelote ! Des membres de l’opposition dont Moustoifa Said Cheikh, Ibrahim Abdourazak (Razida) et Mahmoud Wadaanne ont été arrêtés et placés en mandat de dépôt pour avoir manifesté vendredi dernier. Le procureur de la république accuse les trois responsables politiques du délit de « troubles à l’ordre public » pour avoir participé à une marche pacifique non autorisée. Hier lundi, les trois prévenus sont se sont présentés à l’audience et le procureur de la République a requis 12 mois d’emprisonnement avec sursis.
La défense a plaidé la relaxe pure et simple. « Ils ont invoqué l'article 96, alinéa 1er du Code pénal, et nous avons répondu par le même article, mais alinéa 2 et l'article 91 du même Code. Ils voulaient que nous prouvions qu'on a eu une autorisation avant de manifester, et nous leur avons rappelé les règles relatives à la charge de la preuve », explique Me Moudjahid Abdoulbastoi, un des avocats de la défense.
Pour Me Abdoulbastoi, il n'est pas normal que la justice ne s'occupe que des manifestants pacifiques « qui n'ont rien cassé ni saccagé », et qu'elle laisse libres des agents de la force publique qui ont agressé ces derniers en toute impunité et en violation des règles qui régissent la dispersion des manifestations.
« Mahamoud Wadaane a été blessé grièvement par des agents des forces de l'ordre. Une fracture transversale du radius et une luxation complète de l'articulation semi-lunaire-cubitale. Et au final, c'est Mahamoud qui se retrouve en prison et les gendarmes qui ont fait cela ne sont pas inquiétés, même par une enquête interne », regrette l'avocat. « Ce qui me révolte, c'est que face à des agissement pareils et à un comportement illégal vis-à-vis de Mahamoud et Moustoifa Saïd Cheikh, le juge n'ait pas trouvé le courage de lever le mandat de dépôt de mes clients ». L’affaire est mise en délibéré pour le mercredi 27 juin prochain.
Mohamed Youssouf
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