La Gazette

des Comores

Achmet Said Mohamed sort de son silence

Achmet Said Mohamed sort de son silence © : HZK-LGDC

Le président du mouvement Hury, en exil en France depuis quelques mois, Achmet Said Mohamed sort de son silence en adressant une longue lettre ouverte au Président Azali Assoumani. Dans cette dernière, publiée sur les réseaux sociaux, ce candidat malheureux aux élections présidentielles de mars 2019 regrette qu’Azali nie l’existence des « prisonniers politiques » aux Comores. Achmet accuse le régime en place d’utiliser le pouvoir judiciaire pour condamner les voix discordantes.


Dans une longue lettre ouverte adressée au président de la République, Azali Assoumani, Docteur Achmet Said Mohamed, candidat aux élections présidentielles de mars 2019, s’exprime sur la situation politique aux Comores. Le natif d’Ouellah Mitsamiouli s’exprime en sa qualité de citoyen comorien, de militant du mouvement politique et citoyen Hury mais aussi de candidat aux élections présidentielles anticipées du 24 mars 2019 et choisit des mots forts pour interpeller le Magistrat Suprême de l’Union des Comores. Mentionnant en effet le cas des « seize  compatriotes qui font actuellement l’objet d’une procédure devant la Cour de sûreté de l’Etat », il dit s’adresser au Président « avec le cœur lourd et mesurant la gravité de l’instant ».

Revenant sur le discours du Président de la République après la publication du rapport sur l’état de la paix et de la sécurité en Afrique où ce dernier a déclaré qu’aux Comores « il n’y a pas de prisonniers politiques », Achmet Said Mohamed déplore ces propos. « Vous ne pouvez pas cacher ainsi au monde aussi longtemps la réalité et continuer aussi grossièrement de faire fi d’ignorer la véritable situation politique du pays », écrit-il à Azali Assoumani. Achmet ne partage pas les propos du Chef de l’Etat et espère qu’à travers cette lettre il sensibilise et suscite l’attention d’Azali Assoumani car, écrit-il « il est triste de le dire, mais indéniablement, depuis votre retour aux hautes fonctions de l’Etat en mai 2016, je fais comme beaucoup un constat amer sur la situation délétère et déplorable de la démocratie aux Comores et de l’Etat de droit ».

Cet ancien professeur de l’Université des Comores s’appuie sur le classement de l’EIU (Economic Intelligence Unit) sur les pays autoritaire où l’archipel a une note de 3,15/10 pour expliquer la situation politique qui prévaut aux Iles de la Lune. « Sachez qu’actuellement, on constate sans véritable raison, une recrudescente criminalisation des opinions politiques divergentes des vôtres, une banalisation de la torture physique et morale et cela malheureusement laisse à penser qu’il y a de la part de votre régime, une réelle et permanente mise à mal des libertés fondamentales, mais aussi une remise en cause de la prééminence du droit sur le pouvoir politique », souligne-t-il.

Ce candidat malheureux aux élections présidentielles du 24 mars 2019 dernier va de tous les mots et accuse le régime en place d’utiliser le pouvoir judiciaire comme « bras armé » qui œuvre « sans relâche à la condamnation des voix discordantes ». « Laissez-moi vous le dire si vous ne le saviez pas encore, mais de nombreux opposants politiques sont persécutés arbitrairement aux Comores et dans les meilleurs des cas, ils sont en exil, sinon pour l’essentiel, ils sont muselés et réduits au silence par un contrôle judiciaire, ou pire encore, ils sont bâillonnés et jetés en prison », lui rappelle-t-il.

Remettant en cause la légalité de la Cour de sûreté de l’Etat, l’auteur de cette lettre ouverte rappelle que plusieurs membres du mouvement Hury « sont poursuivis » par cette dernière et demande au Président de l’Union de « faire cesser ces persécutions et dans les perspectives d’éviter une injustice programmée ».

A.O Yazid

 


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