La Gazette

des Comores

Accords-Cadres entre Paris et Moroni / Les parlementaires sortent du silence

Accords-Cadres entre Paris et Moroni / Les parlementaires sortent du silence © : HZK-LGDC

Les députés comoriens sont sortis de silence. Plus de deux semaines depuis la signature de l’accord-cadre entre Paris et Moroni lors de la visite officielle du président Azali Assoumani en France, les élus de la nation se sont enfin exprimés. Pour ces législateurs, lesdits accords sont « nuls et non avenus » et affirment que « Mayotte est comorienne ».


Devant la presse dans les locaux de l’Assemblée de l’Union, des parlementaires dont Ali Mhadji, Mohamed Msaidié, Oumouri Mmadi Hassani et Ibrahim Mohamed Soulé se sont exprimés sur la signature de l’Accord-cadre de Paris de juillet dernier. Pour ces élus, ce document met en doute l’intégrité territoriale des Comores et ont fait savoir à vive voix que ces Accords-cadres sont nuls et non avenus. Ils disent par la même occasion se désolidariser du gouvernement. Sur le dossier de Mayotte dont il est question ces derniers temps, les parlementaires montrent que leur position reste indéfectible. « Mayotte est comorienne !, lance-t-il. Nous condamnons avec force les accords-cadres signés entre les Gouvernements Comorien et Français et nous nous opposons aux arrestations et reconduites des comoriens de Mayotte par la force occupante ».

Pour les représentants de la nation, le discours du régime sur la question de l’Ile de Mayotte doit inquiéter les comoriens dans son ensemble. Le député Ali Mhadji est revenu sur le piétinement de la constitution par le régime en place. Et affirme au même moment qu’il y a des questions dont les comoriens ne peuvent pas se départager et la question de l’intégrité territoriale des Comores en est une. Ce dernier affirme que cette signature est une haute trahison en vertu de notre constitution. « La France s’était installée à Mayotte par la force mais aujourd’hui, le gouvernement la lui offre avec ou sans conditions », explique-t-il en affirmant que cela n’a aucune légitimité. Sans s’attarder sur « le danger » dudit accord-cadre de Paris, Mhadji regrette que ceux-ci « interdisent aux comoriens de circuler sur l’ensemble de leur territoire », et précise que « ils ne seront pas pris en considération.

Quant au député Oumouri Mmadi Hassani, il estime qu’il est temps de mettre les cartes sur la table sur la question de Mayotte. Et selon lui, même la retraite ministérielle sur l’avenir de la COI qui a eu lieu à Moroni la semaine dernière a été une « mascarade politique, une clarté obscure politique ». « Le représentant de la France dans cette retraite nous a imposé d’accepter l’adhésion de Mayotte en tant qu’entité. Et ce dernier a même annoncé que la partie comorienne a donné son accord sur ce point », déclare le député Oumouri Mmadi Hassani jugeant cela comme une nouvelle forme de gouvernance de l’organisation qui laisse prétendre que « Luc  Hallade ne reconnait pas Mayotte comme une partie française bien que La Réunion en est une » et d’autre part, cette intégration sera, selon lui, le début d’une « réflexion pour la conception d’une confédération comorienne ». L’élu de la région d’Itsandra-Hamanvou regrette qu’une telle décision soit prise sans la consultation du parlement et affirme que « aucune décision sur l’intégrité territoriale ou la souveraineté du pays ne peut être prise par l’exécutif sans consulter le parlement ».

Outre cette question, les conférenciers ont répondu sur les conditions de détention de prisonniers, la proposition de loi d’amnistie, la proposition de loi sur le partage des circonscriptions et la loi portant le statut de l’opposition. Pour cette dernière, ils ont souligné que « le pouvoir n’a pas cette faculté de choisir le chef de l’opposition ». Le député Oumouri affirme que dans l’éthique de la chose, c’est le Juwa qui devait porter ce statut. « Cela ne peut pas se faire à la hâte. Il faut discuter autour car il y a des procédures à mettre en place d’abord », dit-il, avant de conclure que « ce n’est pas au régime de décider sur qui doit porter le statut du chef de l’opposition ».

A.O Yazid

 


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