900 jours depuis qu’il est privé de sa liberté, l’ancien chef de l’État Ahmed Abdallah Sambi, poursuivi pour « détournement de deniers publics » dans l’affaire du programme de citoyenneté économique, ne connait toujours pas la date de son procès.
Ce 4 novembre, cela fait exactement 900 jours depuis que l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi est détenu dans son logement à Voidjou, transformé en prison annexe depuis le mois d’aout 2018, date à partir de laquelle débutait son mandat de dépôt dans le cadre de l’enquête sur la vente de passeports comoriens à des apatrides, ou programme de citoyenneté économique. Il avait déjà passé trois mois de résidence surveillée décidée par le seul fait du ministère de l’intérieur pour troubles à l’ordre public.
A force d’être retenu dans des conditions difficiles, la santé du sexagénaire commença à se dégrader selon en tout cas son médecin et sa famille. Après plusieurs semaines de déni, le gouvernement avait fini par admettre la réalité et entamer des démarches d’évacuation. C’est le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Mohamed El-amine Souef, qui était chargé du dossier. Le juge d’instruction a même délivré début 2020 les autorisations nécessaires après des visites médicales, fin 2019, du chef de la diplomatie au détenu le plus célèbre du pays. Il restait à connaitre la destination quand soudain, le gouvernement a changé son fusil d’épaule en renonçant à l’évacuation de celui qui avait subi au moins deux contrôles par scanner à Moroni, preuve s’il le faut que l’évacuation était imminente.
Pour rappel, l’ancien chef de l’État Ahmed Sambi a été détenu depuis le mois de mai 2018. Après son retour de l’étranger, il a fait une prise de parole en public pour annoncer son hostilité à la réforme constitutionnelle par Azali Assoumani, élu en 2016 grâce à l’implication de…Sambi. Le lendemain, il est placé en résidence surveillée par une note du ministère de l’intérieur pour troubles à l’ordre public. Trois mois après, il est placé en mandat de dépôt dans le cadre de l’enquête sur l’affaire de la citoyenneté économique.
A plusieurs reprises, son avocat et candidat à la présidentielle anticipée de 2019, Mahamoudou Ahamada, a demandé sa mise en liberté provisoire. En vain. Sambi a dû alors écrire au chef de l’État Azali Assoumani pour clamer son innocence. Une lettre de plusieurs pages à laquelle le chef de l’État ne répondra jamais, arguant non sans amertume que si l’expéditeur attendait une réponse de sa part, le courrier n’aurait pas dû se retrouver sur les réseaux sociaux.
A.O Yazid
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