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des Comores

72ème session de l'assemblée générale de l'Onu Azali : le comorien n’est pas immigré à Mayotte

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72ème session de l'assemblée générale de l'Onu Azali : le comorien n’est pas immigré à Mayotte © : HZK-LGDC

Sur la question de Mayotte le président de la République Azali Assoumani refuse que le comorien soit assimilé à un clandestin dans son propre territoire. Il regrette le statut-quo dans ce litige vieux de 42 ans qui empoissonne les relations entre les Comores et la France.


A la tribune des Nations-Unies où il a pris part à la 72ème session de l'assemblée générale de l'Onu, le président s'est montré offensif sur le dossier de l'île comorienne de Mayotte sous domination française. Azali Assoumani revient à la charge refusant que l'administration française assimile les comoriens à des clandestins sur leur propre territoire. « L’Union des Comores refuse (…) que le terme d’immigrés soit appliqué aux Comoriens qui se rendent sur l’île de Mayotte, partie intégrante de son territoire restée malheureusement sous administration française », a-t-il assuré dans un ton assumé.

Et de continuer : « les milliers de mes compatriotes qui meurent chaque année, dans leur tentative de se rendre à Mayotte, cette partie de leur territoire ne relève pas d’une question d’immigration ». Le président de la République regrette le statut-quo sur un contentieux vieux de plusieurs décennies et qui semble sans issue malgré les multiples condamnations de la même assemblée générale.

« La question de l’île comorienne de Mayotte est relative à l’intégrité territoriale et, 42 ans après l’accession de mon pays à la souveraineté internationale et, en l’absence d’une solution depuis 1975, elle continue non seulement à fragiliser la stabilité politique mais aussi à entraver son développement socio-économique », a-t-il fait savoir. Très prudent malgré le ton choisi dans cette partie de son discours aux différents axes, M. Azali ne semble toutefois pas prêt à fermer la porte à des discussions avec la France, se réjouissant, dit-il, de la poursuite du dialogue dans la recherche d’une solution juste et équitable. 

« Je prie Allah Tout Puissant pour qu’Il nous garde en vie, pour que l’année prochaine à cette même tribune, je vous fasse part des résultats positifs et consensuels de ce dialogue », fait-il observer. Avant d'ajouter : « La France est membre permanent du Conseil de sécurité. Son histoire la relie à la liberté, à la démocratie, à la justice, au respect du droit international et à la promotion de la paix. Elle n’a pas vocation à diviser et à séparer un peuple. Son intérêt comme le nôtre se trouve dans un monde de stabilité et une région de l’Océan Indien, paisible, prospère et tournée vers un meilleur avenir ».

L'émergence, argument de vente

Devant ses pairs, le président de la République a profité de l'occasion pour faire la promotion de son ambition de faire des Comores un pays émergent à l'horizon 2030. « Un grand optimisme nous anime et nous fait espérer que les indicateurs témoigneront de notre avancée vers cet objectif ambitieux et exaltant », a-t-il soutenu, ajoutant que les grandes orientations que son gouvernement s’est fixées, convergent vers la concrétisation de cet objectif qui seraient soutenues par une stratégie nationale de développement.

Décidant de plaire, le chef de l'État annonce l'amorce dans son pays des grands chantiers pour doter son État des moyens nécessaires. « Les grands chantiers en cours ou retenus pour démarrer dans un futur proche visent à doter le pays des moyens adéquats, en matière d’énergies, d’infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires, la relance de l’économie, l’établissement d’un cadre permanent de concertation qui rapprochera le secteur privé du secteur public et qui offrira l’opportunité à la société civile et aux partis politiques de jouer pleinement leurs rôles », a-t-il développé.

Les assises nationales     

Le président avait fait part au mouvement de 11 août initiateur des assises nationales, de son intention de vouloir évoquer cette question à l'assemblée générale de l'Onu. Pour semble-t-il deux raisons évidentes. Prendre la communauté international à témoin de cette initiative comoro-comorienne et demander en même temps l'accompagnement de ce même communauté internationale.

La Palestine que des paroles

Il est d'usage que les chefs d'États des pays arabes ont un mot sur l’épineuse question de la Palestine. Le président comorien tout comme ses pairs du monde Arabe se contentera d'une simple condamnation de la colonisation « insupportable des territoires palestiniens, la fin de l’injustice et de la violence à l’encontre des populations palestiniennes et le règlement global de ce conflit ».

 

Maoulida Mbaé

 


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