La 6e Commission mixte France-Comores, tenue la semaine dernière, a vu la présence à Moroni d'élus de l'ile de Mayotte dans la délégation française. Un fait qui n'a pas échappé au Comité Maore. Dans une conférence de presse tenue hier, le président du Comité a dénoncé l'opacité autour des travaux de la commission et la présence de "certains de nos sœurs et frères Mahorais" dans la délégation.
« On a tout dit sauf l’essentiel », s'insurge Faouzi Ahamada Assoumani, le président du Comité Maore, au sujet de la 6e Commission mixte France-Comores, qui s'est déroulée la semaine dernière à Moroni. Dans une conférence de presse tenue hier dans la capitale, le Comité Maore a déploré l'opacité autour des travaux de la Commission Franco-Comorienne. Pour le Comité Maore, la question de l'ile de Mayotte devrait être au cœur des échanges entre les deux pays.
Pour Me Ali Abdou Elaniou, membre du Comité Maore, la classe politique comorienne doit s'unir et parler d'une seule voix: « Unissez-vous sur la question de Mayotte. Nous souhaitons que la classe politique s’unisse autour de la question de Mayotte, autour d’un thème simple : Mayotte est, et restera Comorienne. Elle droit revenir dans son giron naturel et il faut discuter avec le gouvernement français mais pas avec qui que se soit d'autre», a rétorqué l'avocat pour qui aucune résolution ne verra le jour tant que « nous n’arriverons pas à nous unir sur ce thème là ».
Le Comité, dans son analyse, déplore l'opacité autour des travaux amorcés lors de cette rencontre. Des zones d'ombre que déplore Mbaé Toyb qui regrette que le ministère des affaires étrangères ne laisse filtrer aucune information: « Les autorités n'ont communiqué ni avant, ni après les rencontres avec la France», a souligné le médecin, précisant que c’est auprès du Ministère des affaires étrangères de la France qu'ils ont pu recueillir quelques informations.
Autre point fustigé par les conférenciers, la présence d'élus mahorais dans la délégation française. « Leur présence explique implicitement, la reconnaissance par nos autorités, de l’occupation illégale de Mayotte par la France », s'est plaint Ali Abdou Halidi, conseiller du président du Comité Maore. Ce doctorant en droit public et en science politique revient sur les propos du chef de l’Etat qui déclarait il y'a peu qu'« il n'est pas encore né le comorien qui dira que Mayotte est française ». La présence d'élus de l'ile de Mayotte dans la délégation française laisse penser à un double discours. « Nous demandons des actes concrets qui vont suivre ces propos », a-t-il martelé.
La présence de Mansour Kamardine dans la délégation vient alourdir le dossier à charge du Comité à l'égard de la 6e Commission mixte France-Comores. Dans un communiqué de presse publié hier, le Comité Maore déplore « la présence d’un personnage clivant comme Mansour Kamardine, farouche partisan du durcissement du visa Balladur et qui mobilise régulièrement ses partisans dans des opérations d’expulsions illégales des habitants, les décasages et nourrit la haine envers les habitants des autres iles sœurs ».
La partie comorienne elle n'a émis aucune réserve quant à la présence de mahorais dans la délégation française. D'après nos confrères d'Al Watwan, Souef Mohamed El-Amine, ministre comorien des affaires étrangères, a affirmé que "les travaux de la 6e Commission mixte France-Comores ne pouvaient pas se dérouler “sans en associer les concernés".
Ibnou M. Abdou
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.