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42 ans d'indépendance / Said Hassane Said Hashim dresse un bilan positif (1ère partie)

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42 ans d'indépendance / Said Hassane Said Hashim dresse un bilan positif (1ère partie) © : HZK-LGDC

En 42 ans d'indépendance Said Hassane Said Hachim tire un bilan positif malgré le départ de nombreux hauts cadres du pays en exponentiel. Dans un entretient exclusif à La Gazette des Comores et l'Ortn l'ancien gouverneur de Ngazidja déplore d'une part la culture de l'impunité et la montée de la délinquance en col blanc.


A ceux qui disent que l'indépendance des Comores n'a pas produit jusqu'à lors les fruits escomptés, l'ancien chef de la diplomatie comorienne Said Hassane Said Hachim répond que ceux qui avancent de telles opinions font « preuve d'ignorance sur l'histoire du pays. Ceux qui ont vécu avant l'indépendance vous feront constater qu'on n’avait que 11 médecins dans l'archipel dont Dr Ahmada à Mwali, Dr Marcial à Mayotte, Dr Halidi Boura, Dr Vellou, Dr Ben Ali et Dr Matrafi à Ndzouani et cinq autre à Ngazidja ».

Il ne s'arrête pas là pour la base des données des hauts cadres avant l'indépendance, notamment trois ingénieurs et trois professeurs à l'époque dont Ali Mroudjaé, Mouzaoire Abdallah et un autre d'Anjouan qui ont été des conseillers pédagogiques malgré leur diplômes de professeur. « Est-ce que ces cadres à eux seuls pouvaient conduire les affaires d'un État ? S'est-il interrogé. Aujourd'hui vous verrez qu'on peut comptabiliser une vingtaine de médecins dans une seule localité. Si on comptabilise on peut facilement dénombrer plus de 200 médecins de toutes les spécialités ».

Cet acteur clé de l'indépendance regrette par contre la culture de l'impunité et la montée de la délinquance financière dans le pays. Ce qui fait la tache d'huile post indépendance, d'après lui. « La plupart de la nouvelle génération confond entre bien public et leur propre patrimoine. Certains n'hésitent même pas à se servir de l'argent public comme quelqu'un qui dirige une entreprise familiale et se mettre plein la poche au détriment du pays qui s’appauvrit de plus en plus. C'est la où le bas blesse, a-t-il soutenu. Parce que si vraiment l'argent public peut être détourné aussi facilement, Said Mohamed Cheikh, Said Ibrahim, Ahmed Abdallah et Mohamed Ahmed n'auraient pas pu faire ce qu'ils ont pu réaliser durant leur période de gouvernance ».

Et cet ancien gouverneur de Ngazidja de continuer : « allez y voir quelqu'un comme Said Ibrahim après 40 ou 50 ans de carrière politique, il est décédé avec comme seul héritage, la modeste demeure de la mère de Doudou. Said Mohamed Cheikh 50 ans de carrière politique, il n'a laissé derrière lui que sa résidence de Dashé. Aujourd’hui avec la nouvelle génération on se trouve propriétaire de deux ou quatre villas, des comptes à l'extérieur et des voitures de luxe. Tout cela en moins de deux ans dans un poste quelconque de l'administration. C'est le bilan négatif qu'on tire. »

Said Hassane ne désespère pas toutefois et a confiance qu'un jour ces « gens-là » seront rattrapés par leur passé et que l'argent détourné sera reversé dans les caisses de l'État. « Parce que si on ne trouve pas le courage de demander des comptes, ce qui se passe à l'étranger nous servira de leçon. Si on entend un ancien président ou un ancien ministre en France mis en examens pour un détournement supposé des biens publics. Ce qui va nous servir d'exemple pour la lutte contre le détournement des biens publics ». (Lire la suite de ce long entretien dans notre prochaine édition)

 

Maoulida Mbaé       

 


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Commentaires (1)

  1. Maoulida Soilihi AHMED:
    11/07/2017 à 10:41 AM

    je pense que La Gazette avez vous raison d'éclairer les jeunes générations sur la colonisation et l'indépendance par ces bibliothèque vivants. Comme je le dis souvent la jeune génération née après l'indépendance n'a pas vu la vie dure de la colonisation mais aussi comme viens de le dire le grand doyen, cette génération se trouve actuellement avec toute spécialité qui peut aider le développement des Comores. La question ce n'est pas l'indépendance elle même qui ne fait pas marcher le pays c'est les gouvernants eux mêmes. Je pense que les Comores sont plus en avant que d'autres pays en Afrique sur certaines choses.