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25e anniversaire de l’Accord-Cadre de Fomboni : Après participation, le parti SWAUTI tire son bilan

25e anniversaire de l’Accord-Cadre de Fomboni : Après participation, le parti SWAUTI tire son bilan © : HZK-LGDC

À l’occasion du 25e anniversaire de l’Accord-Cadre de Fomboni, le parti SWAUTI a participé, le 17 février 2026, à la commémoration organisée sur invitation officielle de la Présidence de l’Union. Le parti d’opposition a tenu à souligner, à travers une conférence de presse tenue le 18 février dernier, l’importance historique de l’Accord tout en pointant les limites de l’événement.


Dans un communiqué, le SWAUTI explique que sa présence n’était pas un soutien inconditionnel à la trajectoire actuelle. « La participation à cette commémoration était un choix réfléchi et assumé. Nous sommes venus honorer l’histoire, pas cautionner les dérives », précise le communiqué. Le président du parti, Housni Mohamed Abdou a rappelé que l’Accord de Fomboni, signé en 2001, reste un moment fondateur pour le pays. « Il a permis la sortie de la crise séparatiste déclenchée en 1997, le rétablissement de l’unité nationale sans guerre civile généralisée et la mise en place d’une architecture institutionnelle nouvelle, avec l’autonomie des îles et la présidence tournante », a déclaré le président du SWAUTI.

Il a également souligné que la commémoration ne signifie pas une approbation des révisions constitutionnelles de 2009 et 2018, qui ont, selon lui, modifié l’esprit de l’Accord et affaibli certains principes fondateurs. Le SWAUTI, dans son communiqué, a regretté l’absence de pluralisme politique et la faible participation des forces historiques de la crise, y compris des médiateurs, personnalités religieuses et acteurs sociaux. « Une commémoration nationale exige l’inclusion de toutes les sensibilités », poursuit le communiqué.

Le communiqué critique également la tonalité partisane de l’événement et le rôle insuffisant accordé à Mohéli, île où l’Accord a été signé. « La commémoration doit d’abord appartenir au territoire qui l’a portée », souligne le texte. Housni Mohamed Abdou a par ailleurs insisté sur la nécessité d’une mémoire complète et pédagogique pour les jeunes générations, afin que celles-ci comprennent les causes profondes du séparatisme et les étapes du processus de paix. « Une mémoire sans analyse affaiblit la compréhension nationale », a-t-il déclaré. Le SWAUTI a condamné la stigmatisation collective des Anjouanais et l’atmosphère sécuritaire tendue observée lors de la commémoration. « Si le climat du 17 février 2001 avait été celui d’hier, l’Accord n’aurait peut-être jamais été signé », a averti Housni Mohamed Abdou.

Le parti a formulé plusieurs propositions pour les commémorations futures et la consolidation de la mémoire nationale, notamment la création d’une Commission Nationale de Réconciliation et d’une loi mémorielle visant à reconnaître officiellement les faits historiques et à transmettre une mémoire apaisée aux générations futures. « La mémoire nationale ne doit ni être instrumentalisée, ni effacée. Elle doit être partagée, assumée, documentée et enseignée », conclut le communiqué du SWAUTI.

Mohamed Ali Nasra

 


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