La Gazette

des Comores

Élections 2024 : « Le boycott profite au régime »

Élections 2024 : « Le boycott profite au régime » © : HZK-LGDC

L’opposant Ibrahim Ali Mzimba interpelle les siens sur les échéances électorales de 2024. Il recommande vivement de prendre part aux élections « si l’on veut détenir les instruments pour reformer le pays ». Par ailleurs, il promet de s’en tenir à la décision de la coalition de l’opposition si d’aventure elle décidait de ne pas y aller.


Encore une voix dissidente au sein d’une coalition de l’opposition qui s’effrite de jour en jour. L’ancien ministre des affaires étrangères Ibrahim Ali Mzimba a tenu une rencontre avec la presse, hier à son domicile de Voidjou au sujet des échéances électorales à venir. Face à la posture des siens qui semblent n’avoir rien appris de leurs erreurs, lui se veut cartésien. Pour lui, il ne fait aucun doute que la politique de la chaise vide devenue la règle depuis le referendum constitutionnel de 2018, boycotté par l’opposition, n’a d’autre effets que servir le pouvoir en place au grand dam des opposants. « Eu égard à ce qui s’est passé en 2019, je ne peux que comprendre cette réticence à prendre part aux élections de 2024 », a dit d’entrée celui qui sous-entend les nombreuses irrégularités relevées par les candidats et les observateurs internationaux lors du double scrutin de 2019.

 

« En revanche, suivant la logique politique, l’histoire a démontré que l’on ne peut pas changer un système sans être au sein de ce système. Si l’on veut être des acteurs et réformer le pays, entrer dans le système est un passage obligé », poursuit celui qui en veut pour preuve que si la Constitution de 2001qui, soit dit en passant, laisse plusieurs nostalgiques, a pu être reformée pour remplacer les présidents des îles par des gouverneurs pour ne citer que cette disposition, « c’est parce que ceux qui voulaient la reformer se sont battus pour accéder au pouvoir ». « Il est évident qu’aujourd’hui nous voulons réinstaurer la tournante telle qu’elle était à la base (un mandat par île, au lieu de deux actuellement). Mais comment peut-on y arriver si l’on n’est pas dans le système ? Je ne pense pas qu’Azali invitera ses opposants autour d’une table ronde pour étudier comment mettre fin à son règne. Ce n’est pas envisageable. Il nous faut plutôt une stratégie ».

 

Et l’ancien député de Nguwengwe ne fait pas mystère de la stratégie qu’il juge la mieux indiquée : le vote. « La solution n’est pas de croiser les bras, encore moins d’insulter. La solution c’est d’aller au combat, croiser le fer avec ceux qui sont au pouvoir. Les élections évitent le bain de sang. Tout changement de régime intervenu en dehors d’élections est une exception. Une opposition digne ne peut pas compter sur les exceptions pour accéder au pouvoir. La solution c’est la règle : le vote. Si l’on veut retrouver les Comores d’avant 2018, la voie démocratique reste bel et bien le vote. Le boycott, lui, profite au régime. Ce n’est pas parce qu’on a boycotté qu’Azali ne sera pas validé, que les institutions ne seront pas debout », prêche celui qui, après tout, se dit prêt à s’aligner à la position du Front commun si d’aventure celui-ci venait à décider, « de manière démocratique », de ne pas aller aux élections.

 

Conscient que la sécurisation des élections reste l’une des pierres d’achoppement entre pouvoir et opposition, Me Mzimba est loin de se dérober sur ce sujet essentiel. Au lieu du boycott, il appelle à « miser sur la sécurisation ». « La sécurisation n’est pas un vain mot à condition d’y mettre les moyens nécessaire ». Pour convaincre, il convoque sa propre histoire pour y puiser ses arguments : « J’étais candidat aux législatives de 2009 face au ministre de l’intérieur de l’époque. J’ai gagné parce que j’avais misé sur la sécurisation du scrutin ». Encore faudra-t-il que le pouvoir accepte volontiers les garde-fous qui permettront de garantir un scrutin libre et transparent…

TM

 


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