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Université des Comores, qu’as-tu fait de tes vingt ans ?

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Université des Comores, qu’as-tu fait de tes vingt ans ? © : HZK-LGDC

« Les hommes naissent libres et égaux. Après, ils se démerdent dans la vie. » Michel Coluche, Humoriste Français.


A l’ouverture de l’Université en 2003, à la faculté des lettres et sciences humaines nous nous sommes donnés comme mission, de répondre au traditionnel « Qui-suis-je ? » des philosophes, et dans bien des cas, cette question, devrait céder la place au « Que vais-je devenir ? » moi jeune bachelier comorien, qui décide de m’inscrire dans cette « Université bizarre, sans un seul amphithéâtre, sans un seul ordinateur sans un seul laboratoire … », avait déclaré un ancien adversaire, devenu conseiller politique du Président Azali. A l’époque nous, enseignants, avions tenté d’apporter une réponse satisfaisante à cette fameuse question. « Comment changer en demeurant identique à soi-même ? » Aujourd’hui, après vingt ans d’existence, il est remarquable de voir, à quel point, l’UDC, a beaucoup contribué à la formation de nombreux cadres supérieurs comoriens. Certains aujourd’hui sont au service de l’Etat comorien, d’autres travaillent à l’étranger, d’autres encore, servent dans des organismes internationaux. L’histoire nous a donc donné raison d’ouvrir l’UDC en 2003.

Hier, comme, aujourd’hui, notre apport, notre engagement dans les différentes facultés, instituts, écoles professionnelles, notre volonté de servir au lieu de s’en servir, notre résistance morale et le sens que nous avions de la vie et que nous l’avons encore, nous nous inscrivons dans la logique SENGHORIENNE : « le rendez-vous, du donner et du recevoir ». Oui, nous universitaires comoriens, en apportant notre modeste contribution dans le domaine du savoir et de la connaissance, en la marquant de nos empreintes, de notre pouvoir de penser, nous avons fait de cette institution, ce qu’elle est aujourd’hui.

Je laisse à d’autres le soin de brader et de vendre le moindre bien de l’institution sans aucun respect d’aucun texte réglementaire, mais viendra un jour, où ils seront obligés de rendre compte de leur mauvaise gestion. En effet, dois-je rappeler aux uns et aux autres qu’en 2003, quand le Président Azali Assoumani nous avait confié cette mission : la mise en place de l’UDC, les quelques enseignants que nous sommes (moins de 10 à l’époque), engagés dans ce vaste chantier, nous avons senti tous, comme si nous allions prendre part à un combat libérateur, celui qui devrait arrêter l’aventure au départ à l’étranger de nombreux jeunes bacheliers comoriens sans savoir réellement ce qu’ils allaient devenir. Sans bourse, sans aucune aide sociale, sans toit, sans famille d’accueil, comment ces jeunes pouvaient réussir leurs études à l’étranger.

Voilà, pourquoi, nous avions en 2003, accepté de nous embarquer dans cette aventure avec le Président Azali. Cependant, nous avons accompli notre mission avec succès. Raison pour laquelle, il faut faire de cette Université une conscience nationale, un soleil irradiant et cela nul n’est mieux placé pour le faire que les enseignants comoriens que nous sommes. En effet, si le pouvoir politique actuel, continue de faire ce qu’il fait, accorder une confiance aveugle à Monsieur Ibouroi Ali Tabibou et ses proches collaborateurs, sous prétexte, qu’ils sont membres du parti politique au pouvoir (CRC), alors les conséquences de cette décision, seront néfastes, graves, dangereuses et incommensurables, à l’égard de l’école d’une manière générale et de l’Université plus particulièrement.

Un humoriste Français Michel Coluche disait : « Les hommes naissent libres et égaux. Après, ils se démerdent dans la vie… » Et Coluche s’interroge, « s’il n’y avait pas l’école républicaine, l’école de Jules Ferry, qu’allait devenir le citoyen lambada ? » Avec moins de talent que Coluche (Paix à son âme) je me demande si demain l’université des Comores, arrive à fermer ses portes, comme ce fut le cas de l’ENS en 1989, que deviendront ces milliers des jeunes bacheliers comoriens ?

De nouveau l’inégalité devant l’accès à l’école et dans les universités étrangères, seront installées. Par la suite des effets négatifs sur le développement de notre économie, entrainera les inégalités sociales. Pour rappel, tous les pays qui ont réservé l’enseignement supérieur et de qualité à une minorité, voire à une élite, ont toujours fait le mauvais choix : ils ont moins progressé économiquement au cours de ces cinquante dernières années que ceux qui ont fait l’effort de généraliser l’éducation à toutes les couches sociales de la population.

En effet, je me permets de rappeler aux uns aux autres, qu’un pays est le reflet de sa classe dirigeante, si elle se divise, passe son temps à se chamailler, à donner le mauvais exemple, c’est la dérive. Si, au contraire, elle fait preuve de sérieux et de cohésion, si elle retrousse ses manches et prend de bonnes options, elle met son pays sur la longue route du progrès et du développement, alors elle peut réussir son pari.

Djaffar MMADI, Professeurs des Universités, ancien Ministre

 


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