La Gazette

des Comores

Une visite présidentielle attendue par les libéraux Comoriens

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Une visite présidentielle attendue par les libéraux Comoriens © : HZK-LGDC

Je renouvelle mon appel pour un sursaut, une prise de conscience du Chef de l’Etat Assoumani Azali. Tout au long de ces 4 dernières années, après la remise au Président Assoumani Azali de ma note de synthèse et suite à un dernier face à face qui avait duré 45 mn le 7 juillet 2018, je n’ai eu de cesse de l’interpeller. Mes diverses interventions que ce soit dans les médias ou de façon plus personnelle sont effectuées en vue de solliciter plus d’entendement dans la conduite des affaires de l’Etat.


Et ce ne fût jamais contre la personne du Chef de l’Etat mais pour la sécurité nationale et pour les hauts intérêts du peuple comorien.

Le chef de l’Etat fait preuve d’une surdité incompréhensible le rendant imperméable à toute forme intellectuelle différente de la sienne. Alors que la sienne ne fonctionne pas depuis plus de 5 années.

De par la piètre gouvernance économique et politique des affaires de la nation, nous faisons face aujourd’hui aux pires conséquences.

  • Le pays s’est disloqué. Les différents niveaux de la société civile, du monde économique et de la vie politique se sont fracassés sur l’entêtement du régime d’Assoumani Azali.
  • Nous assistons à une dégringolade de l’image du pays.
  • Le clientélisme est légalisé au profit exclusif d’un petit groupe de personnes.
  • Le pays s’affiche dans les tabloïds des indices de corruption et en première place dans la région de l’Afrique de l’Est.
  • Les partenaires économiques quittent le pays et des grands enseignes ayant manifesté leur intérêt pour le pays ne donnent plus de signe de vie après un petit tour au pays.

 

Nous sommes encore à parler faussement de dialogue disant que la volonté du chef de l’Etat est de « créer les conditions propices au climat d’apaisement nécessaire pour le développement socio-économique et institutionnel ». La note conceptuelle de la Coordination du Dialogue National Inter-Comorien reprend invariablement la litanie d’appel au rassemblement que le Chef de l’Etat réclame depuis 2019 sans pouvoir convaincre.

A titre d’information, ce dialogue propose d’échanger à 72% de politique et d’élections, à 14% de la sécurité et de la moralisation de la vie publique que le régime même s’évertue à détruire et de seulement 14% sur les sujets qui préoccupent le peuple comorien aujourd’hui : l’économie et la société.

Monsieur le Chef de l’Etat : vous n’avez pas apporté les conditions nécessaires pour un réceptacle de sortie de la crise politique ni pour le développement. Pendant que pratiquement tous les pays sont à la sortie de crise post COVID et commencent à entrevoir le bout du tunnel, le nôtre s’enfonce.

C’était le rôle du Gouvernement de prévoir, d’anticiper et de faire des plans pour demain et non de réagir comme il le fait aujourd’hui en syndicaliste. A défaut d’écouter le peuple comorien, le chef de l’Etat et son Gouvernement sont entièrement responsables et coupables de tout ce qui advient au peuple comorien. Ils seront jugés pour cela.

Ngame wa riho ye djukumu yahe ze bi zadjiri ne zidjiriwo harumwe ye ankiba ne siyasa hunu. Ye tarehi ngayidjo wa hukumu.

Je profite de l’occasion de la visite du Président sénégalais, Mr Macky Sall, attendu à Moroni sous peu, pour le sensibiliser sur son devoir de contribuer à la prise de conscience du Chef de l’Etat Assoumani Azali. Il sera d’abord là pour « soutenir un pays frère » et non pour cautionner les manœuvres du régime de son « grand ami ».

Le pays que dirige le Président Macky Sall a toujours joué un rôle historique et clé dans des moments importants de notre pays, les Comores. Nos deux pays ont une longue histoire d’amitié.

  • « Les Comores et le Sénégal sont liés par un accord d’assistance et de représentation diplomatique et consulaire signé en 1976 entre les chefs d’Etat Ali Soilihi et Léopold Sédar Senghor. Le Sénégal a joué un rôle clé dans la formalisation et le fonctionnement du fameux Comité des Sept sur la question de l’île comorienne de Mayotte. »
  • « Le Sénégal a formé des magistrats, des diplomates et des médecins comoriens et n’a jamais cessé de le faire depuis quarante ans »

Monsieur le Président Macky Sall, votre visite sera « une visite conviviale, très symbolique dans les relations entre les deux peuples ». Le « duo diplomatique » que loue le Gouvernement comorien doit commencer par la défense des intérêts de nos deux peuples.

Contrairement aux propos tenus par le Gouvernement comorien, vous ne serez pas là pour donner à quiconque « un signal fort » ni « un message important » pour cautionner la mauvaise gouvernance et l’instabilité instaurée par votre « grand ami »

Membre, tout comme moi, du Liberal International, le président sénégalais que j’ai côtoyé à plusieurs reprises, dont dernièrement en 2018 à Diamniadio, la ville nouvelle du Sénégal, ne saurait déroger aux valeurs et aux principes mêmes qui nous rassemblent.

Cette visite d’Etat revêt une grande signification pour moi, car en l’état actuel des choses, le Président Macky Sall se rappellera certainement de notre échange approfondi le 30 novembre 2018 en marge du 62e congrès de Liberal International sur la situation politique des Comores et de la vision erronée de son « grand ami ».

 

Moroni le 3 février 2022

 

Mahamoudou Ali Mohamed

Président de l’ANC

Alliance Nationale des libéraux pour les Comores

 


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