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Suppression du concours d’entrée en 6ème ? Oui, mais quelles sont les mesures préalables ?

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Suppression du concours d’entrée en 6ème ? Oui, mais quelles sont les mesures préalables ? © : HZK-LGDC

Selon un article publié par La Gazette des Comores, édition N°2701 du jeudi 23 juin 2016, le Ministre de l’Education nationale aurait déclaré devant la presse qu’il souhaitait que le concours d’entrée en sixième de l’année 2016 soit le dernier.


D’emblée, il convient de lever toute ambigüité car personnellement je suis pour la fluidité des passages en classes supérieures (qui n’est pas synonyme de laxisme) et que par conséquent je partage le souhait exprimé par le Ministre de l’Education nationale, mais à certaines conditions.

 Plus qu’une question de mode et d’appellation de ce concours, il s’agit plutôt de s’interroger sur sa fonction réelle, sur sa valeur intrinsèque, sur l’adéquation de ses épreuves par rapport au niveau et aux objectifs de formation poursuivis et, d’une manière générale sur les facteurs qui déterminent l’efficacité de l’école.

 En effet, à l’origine, la création de ce concours est née du fait que le passage des élèves au collège se heurtait à un réel problème d’infrastructures scolaires donc d’insuffisance des capacités d’accueil dans nos établissements. C’est sur la base des places disponibles au collège qu’est arrêté le nombre d’admis au concours d’entrée en 6ème et non sur les compétences de l’élève et sa capacité de poursuivre les études secondaires.

 Il est clair que ce concours très sélectif ne favorise pas la démocratisation de l’éducation et ne permet pas non plus d’évaluer les prérequis que l’élève doit posséder pour passer du cycle primaire au cycle secondaire. D’où la nécessité de revoir dans un premier temps les objectifs de ce concours pour d’une part en faire un test d’évaluation des compétences de l’élève, d’autre part définir les facteurs déterminant l’efficacité de l’école.

 

Ces derniers s’expriment  en termes :

 

  1. d'éléments de soutien de la part des parents, de la communauté et du système éducatif ;
  2. de réalisation de conditions propices grâce à la compétence du corps enseignant ;
  3. d’instauration d’une atmosphère favorable de l’école par l’élévation d’une espérance de hautes performances de l’élève, par l’adoption d’une attitude positive de l’enseignant et par la structuration des programmes ;
  4.  de mise en place d’un processus d’enseignement qui permette de diversifier les méthodes et de faire des évaluations et des rétrospectives fréquentes ;
  5. d’obtention de bons résultats académiques, de participation, d’insertion sociale et de succès économique.

 Réussir le passage au collège sans le concours d’entrée en sixième exige donc un certain nombre de conditions et un accent particulier sera mis sur la formation des enseignants notamment en matière de docimologie, sur la diversification des méthodes et la pratique d’évaluations fréquentes.

 Le redoublement n’est qu’une voie de garage des élèves qui pose de sérieux problèmes à l’Etat eu égard à son coût exorbitant mais surtout à l’élève qui se trouve en déphasage par rapport à  ses besoins de développement.

 

El-Macelie SAID JAFFAR

 


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Commentaires (2)

  1. Abdou Ali:
    02/07/2016 à 11:06 AM

    Je crois que c'est une bonne initiative de réfléchir profondément de la nécessité de ce concours. Je suis dans le monde éducatif occidental en tant qu'en enseignant et ce problème n'existe pas. Il n'y a pas des conditions particulières de passage en cycle supérieur. À mon avis, seule la formation en évaluation des enseignants, la rigueur et la stricte application du programme d'études peuvent mettre fin à cette pratique qui constitue un fardeau financier pour les familles et l`État. J'insisterais sur la formation en Évaluation et un programme d'études efficace parce que si les Comores arrivent à contrôler ces deux facteurs, nous serons aussi capables de voir le cas du BPC qui est un diplôme sans importance pour la poursuite des études secondaires.
    Merci

  2. MOHAMED ALI:
    03/08/2016 à 04:04 AM

    Notre éducation est malade et cela depuis fort longtemps. J'ai enseigné pendant 6 ans pour le niveau collège et lycée. j'ai constaté que pour palier ce grand trou vide quant aux niveau des élèves; on doit le chercher à la base. Le problème de niveau scolaire reste sur les classes de bases avant la classe de rupture entre le primaire et collège. Qui sont les instituteurs et comment sont les moyens de travail (programme de manuels scolaire ....etc).Tout le monde connait déjà et depuis fort longtemps le problème mais,que faire? Quelle décision draconienne faut-il prendre quand le redoublement de classe est devenu indésirable, et pour l’élève et ses parents encouragés par les Directeurs d'école privées.