La Gazette

des Comores

Sans une gestion réelle des déchets, point de développement durable !

Sans une gestion réelle des déchets, point de développement durable ! © : HZK-LGDC

Investies dans le cadre de la décentralisation d’une mission d’organisation de la filière gestion des déchets urbains depuis l’amont (pré collecte) jusque l’aval (traitement/valorisation), les collectivités locales des pays en développement comme aux Comores, peinent souvent à instaurer une gestion durable et complète de ce service. Pour expliquer leurs difficultés, le manque de moyens financiers ainsi que le manque de compétences techniques des collectivités sont les arguments le plus souvent avancés… Et si le problème à la base était surtout une absence de volonté politique affirmée ?


Alors que les déchets continuent de s’amonceler un peu partout dans la capitale, la classe politique a les yeux rivés sur le jeu de cache-cache des nouveaux conseillers. Une preuve de plus de l'indifférence qui a toujours caractérisé ce secteur de la part de ceux qui disent œuvrer pour l’intérêt public. Or, il est reconnu par les professionnels que le secteur des ordures ménagères a également besoin d’une volonté politique forte au niveau national.

En effet, seule la volonté politique d’un gouvernement national est en mesure de poser un cadre de référence notamment les objectifs et la stratégie nationale pour la gestion des ordures ménagères qui permet ensuite de mobiliser les financements nécessaires pour la mise en place de filières de gestion des ordures ménagères.

Chez nous, des dizaines d’études ont été diligentées et des multiples rapports ont été rédigés. Et des initiatives ont été lancées mais ont toujours été stoppées en chemin faute de cette mauvaise volonté politique dont tout le monde parle tant. Il faut bien l’avouer ce n’est que dans l’urgence que les autorités font toujours semblant de découvrir l’ampleur du problème.

Il revient donc aux praticiens et experts du secteur de devenir également militants et vulgarisateurs à destination des politiques. Être capables de devenir des acteurs de plaidoyer pour convaincre les décideurs politiques que les financements qu’ils consentiront à mobiliser pour les ordures ménagères sont des investissements à forte rentabilité sociale, sanitaire, environnementale et économique.

Il est à craindre par exemple que la nouvelle équipe qui aura à gérer la capitale se laissera engluer dans des questions de quotas et de ce fait ne saura pas définir des vraies priorités pour aider les citoyens à mieux vivre dans la cité. Comme toujours, les vieux démons de la division et de la surenchère seront de mise pour éviter de voir plus loin que le bout de leur nez.

Aujourd’hui plus qu’hier, la question des décharges est un problème qui doit être pris au sérieux par l’ensemble des acteurs concernés. Et cette fois, encore, les regards se tournent vers l’État pour lui demander de jouer un rôle plus actif qu’il ne l’a fait auparavant. Il est admis par tous, que si les choses restent en l’état, nous courons le risque d’une catastrophe sanitaire. Même si dans les îles de la lune, nous avons la fâcheuse tendance à tout remettre sur le compte de la fatalité même ce qui nous tombe sur la tête par notre propre faute.

Mmagaza

 


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