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des Comores

Réponse à la Déclaration de M. Gerard Darmanin sur le droit de sol à Mayotte

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Réponse à la Déclaration de M. Gerard Darmanin sur le droit de sol à Mayotte © : HZK-LGDC

D’emblée je dois dire que tous les maux et les malheurs qui frappent l’île comorienne de Mayotte ne connaissent qu’un seul responsable : l’administration française ou plutôt les gouvernements successifs français depuis l’occupation illégale de cette île par la France au lendemain de la Déclaration de notre indépendance en 1975. Ces gouvernements successifs ont ignoré les résolutions pertinentes de l’ONU condamnant cette occupation illégale et demandant à la France d’entrer en négociation avec les Comores en vue de la réintégration de l’île comorienne de Mayotte dans son ensemble naturel.


Les gouvernements français pour perpétrer leur occupation de Mayotte avaient promis monts et merveilles à la population mahoraise si elle s’accroche à la France. De Collectivité territoriale l’île devient Collectivité Départementale. Pendant tout ce laps de temps qui a duré entre les deux statuts donnés à l’île rien n’a été fait et les promesses n’ont pas été tenues. Les frustrations de nos compatriotes de Mayotte ont commencé, poussées par un taux de chômage chronique et inquiétant, un cout de vie cher et surtout l’inégalité des droits sociaux entre les soi-disant français de Mayotte, français de La Réunion et français dits métropolitains. Tous ces ingrédients ont renforcé les mécontentements des Mahorais. Pour calmer les esprits le Président Sarkozy avait promis aux mahorais d’ériger la Collectivité Départementale en vrai Département d’outre mer avec tout ce que cela implique comme avantages sociaux. C’est ainsi qu’en mars 2009 un référendum illégal, condamné par l’ONU et l’UA, sur la Départementalisation de Mayotte a été organisé et en Mars 2011 l’île comorienne de Mayotte est érigée en un pseudo 101eme DOM. Encore les promesses des monts et merveilles n’ont pas été tenues et les mécontentements sont exaspérés par la venue massive des chercheurs d’asile venant de l’Afrique orientale et centrale et les autres comoriens des autres îles sœurs qui se déplacent naturellement d’une partie de leur territoire à une autre. Le Gouvernement français a osé qualifier ces comoriens de clandestins. Peut-on être clandestin chez soi ? Pour nous comoriens les clandestins à Mayotte sont les français qui occupent illégalement cette île comorienne.

La déclaration du ministre français de l’intérieur M. Gerard Darmanin sur la suppression du droit du sol à Mayotte n’est pas du tout un événement. Elle n’est pas non plus étonnante car pour nous Darmanin, vient de ce fait nous confirmer et abonder dans notre sens, que Mayotte n’est pas française et ne peut pas être française. Si aujourd’hui le droit du sol existe sur l’ensemble du territoire français y compris dans les Départements et Territoires d’outre mer (DOM et TOM) sauf à Mayotte, cela montre clairement que la le Ministre Darmanin reconnait implicitement que l’île de Mayotte n’est pas et ne peut pas être la France comme le stipule l’article 1er de la constitution française « La France est une République indivisible (...) Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens… ».

 Pour trouver une solution définitive aux problèmes causés par la France dans l’île comorienne de Mayotte, le Président Macron devrait, comme il a été demandé dans plusieurs résolutions de l’ONU, chercher à dialoguer avec les autorités comoriennes à la recherche d’une solution juste et équitable pour la réintégration de l’île comorienne de Mayotte dans l’Union des Comores. Ce dialogue doit être parrainé par l’ONU et l’UA et non un dialogue bilatéral.

Ahmed Thabit, 13 février 2024

 

 

 


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