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Polémique après l’Aïd Elfitr : Mohamed Djalim Ali déplore « une dérive préoccupante »

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Polémique après l’Aïd Elfitr : Mohamed Djalim Ali déplore « une dérive préoccupante » © : HZK-LGDC

Les propos tenus par le Mufti des Comores lors de la prière de l’Aïd à Mitsoudjé continuent de susciter de vives réactions à travers le pays. Entre débats sur les réseaux sociaux, discussions dans les mosquées et prises de position dans l’espace public, l’affaire ne cesse d’alimenter les échanges. Dans ses propos controversés, le Mufti avait publiquement fustigé l’Iran d’être « ennemi de l’islam », suite à ses attaques contre des pays voisins dont l’Arabie Saoudite, abritant des bases militaires américaines.


Parmi les voix qui se sont exprimées, celle de Ali Mohamed Djalim qui appelle à « dépasser l’émotion pour analyser les conséquences d’une telle prise de parole ». Selon lui, « ce moment de prière, censé être un temps d’unité, de pardon et de communion, ne devrait en aucun cas devenir un espace de divisions ou de tensions ». Dans son analyse, il souligne que « la parole religieuse engage une responsabilité particulière, surtout dans un contexte mondial marqué par de fortes tensions ». Il estime que « les références à des conflits extérieurs, notamment au Moyen-Orient, doivent être maniées avec prudence dans un pays comme les Comores, où l’équilibre social repose en grande partie sur la cohésion religieuse ». Le professeur Djalim met en garde contre les conséquences possibles de certaines déclarations.

« Introduire des distinctions ou des oppositions au sein de la communauté musulmane peut fragiliser un tissu social déjà sensible », affirme-t-il, rappelant que « l’islam pratiqué aux Comores s’est historiquement construit sur la modération, la tolérance et la coexistence pacifique ». Il note également un contraste avec les autres interventions prononcées lors de la même prière. « Les autres discours ont été perçus comme des appels à la paix et à la concorde. Cela rend d’autant plus surprenants certains propos qui s’en écartent », observe-t-il. Au-delà de la dimension religieuse, M. Djalim évoque aussi les enjeux géopolitiques et diplomatiques. « Les Comores ont toujours eu intérêt à adopter une position mesurée et équilibrée sur la scène internationale », explique-t-il, ajoutant que « la neutralité et le non-alignement sont des choix stratégiques qui permettent de préserver les intérêts du pays ».

S’il reconnaît la nécessité de ne pas rester indifférent face aux crises internationales, il insiste sur « le danger des simplifications et des prises de position émotionnelles qui pourraient nuire à l’unité nationale ». Pour lui, le rôle des autorités religieuses reste central. « Leur mission est de rassembler, d’éclairer et de promouvoir la paix. Lorsqu’une parole s’écarte de cette exigence, elle doit pouvoir être discutée avec responsabilité », estime-t-il. En conclusion, Ali Djalim appelle à la vigilance collective : « préserver l’unité nationale et éviter toute importation de divisions extérieures doivent rester une priorité ». Une position qui reflète, selon plusieurs observateurs, un sentiment largement partagé au sein de l’opinion.

Mohamed Ali Nasra


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