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des Comores

Peut-on dissocier Franc CFA et Franc Comorien ?

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Peut-on dissocier Franc CFA et Franc Comorien ? © : HZK-LGDC

Beaucoup de gens pensent que le franc CFA, monnaie de change en circulation légale dans les anciennes Colonies Françaises d’Afrique sub-saharienne est différent du Franc comorien (FC). Alors là c’est faux !


Dans le cadre des préparatifs de la signature des accords de Bretton Woods relatifs aux équilibres extérieurs des Balances de Paiements (BDP) et de la lutte contre la concurrence déloyale, la France décrète le 26 décembre 1945 la création des monnaies spécifiques dans ses colonies d’Afrique (CFA), de l’Océan indien et du Pacifique (franc CFP). La parité FF/CFA passe de 1,7 franc CFA, en 1945, à 2 CFA le 21 octobre 1949.

 

La Banque Centrale des Comores (BCC) se trouve ainsi intimement liée à l’histoire de l’administration coloniale. Elle se renforce le 16 novembre 1950, date à laquelle la Banque centrale a été transformée en établissement semi-public, chargé de l’émission des billets ayant cours légal à Madagascar et aux Comores. Ce privilège fut retiré le 21 décembre 1973 et  transféré à l’Institut d’Emission des Comores le 2 janvier 1975 par Loi N°73-1125, portant le taux de 1FF=0,2 FC.

 

Cette convention prévoit l’ouverture d’un compte d’opérations dans les livres du Trésor français ; ainsi que les conditions de fonctionnement de ce compte, la centralisation de plus 65% des réserves de change, moyennant la garantie de convertibilité illimitée et la libre circulation des fonds au sein de la Zone, malgré les CFA ne sont pas interchangeables, d’un pays à un autre, il faut les convertir en Euro.

 

Par ailleurs, l’accession, le 6 juillet 75, des Comores à l’indépendance et l’arrivée au pouvoir, le 3 août de la même année, du président Ali Soilihi ont impacté, timidement, les accords de coopération monétaires, mais vite rétablis par le Président Ahmed Abdallah, conduit au pouvoir par un coup d’Etat militaire de Bob Denard, en mai 1978. Le premier a su financer son plan quinquennal à travers la « monnaie marchandise », le matériel de construction de Chine, les zébus de Tanzanie etc. tandis que le second a procédé à la signature, le 23 novembre 1979, des accords de coopération monétaire et à la création, en juillet 1981, de la Banque Centrale des Comores (BCC) avec deux succursales à Anjouan et à Mohéli.

 

Aujourd’hui, le traitement graduel de la parité fixe Euro/CFA et franc comorien, fixé à 1 euro =655,957 CFA et 1 euro=491,96775 FC, pourrait s’expliquer par les véritables gabegies budgétaires enregistrées dans les décennies post indépendances (70-90) dans les Banques des Etats d’Afrique Centrale et d’Afrique de l’Ouest (BEAC–BCEAO), alors qu’au même moment, la Banque Centrale des Comores (BCC) était en pleine innovation institutionnelle, et a pu échapper aux déficits jumeaux, budgétaires et extérieurs. Ce qui lui a valu le titre de bon élève de la dévaluation du franc CFA, le 11 janvier 1994, à Dakar (Sénégal). Il serait donc envisageable d’évoquer, ultérieurement, les avantages que les Comores tirent au sein de la Zone franc.

 

SAANDI MOUIGNIDAHO, Economiste Analyste

 


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