La Gazette

des Comores

L’art de la dispute permanente et du paraître

L’art de la dispute permanente et du paraître © : HZK-LGDC

Dans un petit livre intitulé « Le principe de Peter », l’auteur démontre que toute personne aspire à accéder à un poste où il devient incompétent. En effet, quand vous excellez dans un domaine et que l’on vous remarque, on vous propulse à un niveau supérieur, où vous devenez subitement incompétent, dans la mesure où la plupart du temps, le poste ne correspond pas à votre profil.


On peut conclure que depuis plusieurs décennies nous sommes en face d’une telle situation dans les îles de la lune et qu’elle est la cause des dysfonctionnements, que l’on observe un peu partout. Paradoxalement, le plus souvent, ce sont en principe des personnes qui ont échoué lamentablement dans leur secteur, qui se trouvent souvent propulsées encore plus haut dans la pyramide. Ceci entraîne, vous l’aurez compris, un découragement de beaucoup de cadres, qui estiment, à juste titre, que cela ne vaut pas la peine, de donner ce qu’on a de meilleur pour récolter du vent, comme dirait l’autre.

 

Dans les îles de la lune, ceux qui ont servi loyalement l’État, sans enrichissement personnel, sont considérés comme des « ratés » de la société, dans la mesure où la plupart d’entre eux n’ont pas « réussi » à se faire une place au soleil. Et on pourrait se demander si à la limite, il ne faudrait pas que ces « ratés » soient jugés par une cour spéciale pour n’avoir pas été malhonnêtes ! Un comble !

 

De ce fait donc, vous l’aurez constaté, sous nos cocotiers, rien ne semble arrêter notre propension à toujours considérer l’utile comme le superflu et vice-versa.

 

Quand on examine les comportements de notre classe politique, on est abasourdi, tant par les déclarations contradictoires qu’elle tient, que par des comportements qui frôlent l’indécence, dans les alliances de hasard et autres regroupements. Il est actuellement établi, que le pays doit gérer le devenir de toute une classe politique, qui se trouve face à un trop plein.

 

Ainsi donc, à un moment où l’administration publique plus que pléthorique vogue tel un frêle esquif, le pays voit surgir des politiciens qui jouent leur survie et qui tentent de tenir la tête hors de l’eau grâce à la surenchère verbale touts azimuts. Certains d’entre eux, qui il n’y a pas longtemps, donnaient de leçons de civisme et de morale politique, se trouvent aujourd’hui aux avants plans des joutes verbales, ces dernières n’ayant d’autres objectifs que de leur permettre de rester visibles aux yeux de la classe dirigeante, au cas où?

 

Les îles de la lune peuvent-elles se payer encore le luxe d’entretenir plusieurs castes de dirigeants qui n’ont d’autres utilités que celui d’exister ? Cette nomenklatura sous les cocotiers constitue à n’en plus douter une source supplémentaire de soucis dans la bonne gouvernance de la cité.

 

Cette situation est surtout caractéristique dans l’île de Ngazidja où nous excellons dans l’art de la dispute permanente et du paraître. Et l’ancien Président feu Saïd Mohamed Cheikh, ne s’y trompait beaucoup en fustigeant dans toutes ses allocutions, ces comportements à la fois infantiles et irresponsables. C’est vous dire, que le mal est profond.

 

Mmagaza

 


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