Donc un parti de Mayotte souhaite « saisir les Nations unies pour mettre fin au différend avec les Comores... saisir l’Assemblée générale des Nations unies pour obtenir un avis consultatif de la Cour internationale de Justice (CIJ) » afin qu'elle tranche « sans ambiguïté la valeur du traité de 1841 « et mettre un terme aux contestations comoriennes... » Pour cela, une motion a été déposée au Conseil départemental avant d'être rejetée par la majorité des élus.
Quelle est l'idée ? Serait-ce la dernière trouvaille que voudrait tester « notre mère » pour décrocher la question de Mayotte de là où Mouzaoir Abdallah et Ali Soilih l'ont placée ; et faire mentir 20 résolutions des Nations Unies pour le bon plaisir des séparatistes si malheureux qu'on puisse douter de leur appartenance à la France. Pense-t-on que les Comoriens sont tellement affaiblis qu'ils n'auraient d'autres choix que de se coucher à la Cour Internationale de Justice ?
D'abord, les hommes libres ne se sentent pas concernés par les accords coloniaux. En aucune manière, cet accord n'oblige les Comoriens d'aujourd'hui et de demain. Autrement, le Congo serait une propriété de la famille royale belge et l'Algérie un département français parce qu'un papier avait été signé par un commandant de cercle au cours de la longue nuit noire imposée aux Africains. Si on devait aller jusqu'au bout de cette logique absurde, Michelle Obama et Denzel Washington appartiendraient aujourd'hui aux familles qui avaient acheté leurs ancêtres dans un marché d'esclaves. Ce qui est un non-sens.
Ensuite, il est notoire que ce traité a été signé sous la contrainte et la tromperie (voir l’histoire du cadi Omar) au point que l'usurpateur malgache concerné l'avait lui-même dénoncé peu après, renonçant même à certains des avantages que cet accord offrait, comme par exemple la prise en charge par la puissance coloniale de l'éducation de l'un de ses enfants.
Enfin, Andriantsouli, accueilli dans ces îles en tant qu'exilé politique fuyant ses ennemis malgaches, n'a jamais été un roi légitime de Mayotte, comme l'avait expliqué le Sultan d'Anjouan dans une lettre connue adressée alors au roi de France. Enfin le droit à l'autodétermination est un droit des peuples non pas des régions, des cantons et des Dago. Or jusqu'à nouvel ordre, il n'existe qu'un seul et unique peuple dans l'archipel des Comores. Ni une humiliation de plus, ni un renoncement de plus ne feront changer cette réalité.
Ali Moindjié (journaliste)
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