Mayotte est dévastée par le passage du cyclone Chido et pendant que la société civile comorienne et de la diaspora se mobilise pour apporter son soutien aux populations sinistrées, les autorités françaises et extrémistes mahorais inondent les médias de leur rhétorique nauséabonde tendant à faire porter tous les problèmes de Mayotte, qui ne sont que le produit de l’occupation illégale, sur le dos notamment des comoriens des autres îles résidant à Mayotte.
Cette communication est d’autant plus déplacée que plus d’une semaine après le drame, les autorités de fait sur l’île ne sont pas toujours en mesure de produire un bilan exhaustif des dégâts causés par le cyclone, que les secours tardent à venir, que les communications avec les îles sœurs sont entravées alors que des premiers secours pourraient y être initiés et que les appels à détresse se multiplient pour la fourniture d’eau, électricité, nourriture, vêtements, médicaments, etc.
Il est à rappeler que ce taux de migrants balancé dans les médias pour soi-disant dénoncer une situation inique n’est que le résultat de la mise en place illégale en 1995 d’un visa par l’État français à l’intérieur d’un pays indépendant et dont les frontières sont officiellement inscrites à l’ONU depuis le 12 novembre 1975. Il n’y a aucune ambiguïté sur le fait que le Territoire des Comores comprend quatre îles.
Le pourcentage de non à l’indépendance exprimé à Mayotte ne peut juridiquement justifier la partition du pays, l’ensemble du corps électoral comorien s’étant exprimé à plus de 95% pour le oui à l’indépendance. L’interprétation erronée du scrutin référendaire par la puissance occupante augure une longue liste d’illégalités flagrantes, allant des référendums organisés par la France à Mayotte à la mise en place du visa Balladur, puis la départementalisation de Mayotte. Les dernières manifestations de ces irrégularités sont les déplacements forcés de population sous couvert d’opérations Wuambushu et Place Nette pour soi-disant lutter contre l’immigration clandestine et l’insécurité. Ces opérations de nettoyage ethnique ne visent qu’à renforcer la colonie de peuplement que la France veut imposer à Mayotte et la décomorianisation programmée de l’île. L’attitude de la préfecture de Mayotte atteste de cette réalité glaçante. Au milieu de la détresse humanitaire, il propose un rapatriement sans condition des comoriens des autres îles ce qui est un Wuambushu déguisé. Il faut rester vigilant et éviter que le comité national mis en place par le gouvernement ne soit pas qu’une diversion de plus à la fois coûteuse pour le contribuable et complice de la politique française d’occupation et d’expulsion.
Le cyclone Chido a frappé, mettant à nu l’incapacité d’une des puissances mondiales à maîtriser un territoire de 374 km2 avec un peu moins de 400.000 habitants, alors qu’elle fournit les équipements de pointe militaires les plus sophistiqués à l’ensemble de la planète. Chido révèle également l’absence totale d’humanité des politiques qui tirent les ficelles à Mayotte et qui sont prêts à laisser une population sinistrée dans la détresse plutôt que de bénéficier des premiers secours que pourraient offrir les îles voisines épargnées par la violence du cyclone. Il a enfin mis en exergue le relent colonialiste qui sous-tend une frange importante du discours public français et qui s’est exprimé encore dans les propos du président de la République française.
Il est temps que le Gouvernement comorien dénonce ces humiliations permanentes qui s’ajoutent au sacrifice d’une population de tous les côtés de l’archipel. Chido, après nous avoir mis à terre, doit être l’opportunité de nous relever avec dignité, de mettre un terme à l’entreprise de haine savamment distillée entre les comoriens depuis des décennies et tenter de reconstruire sur la base des vraies valeurs de solidarité et de bienveillance qui nous unissent.
Mohamed Rafsandjani
Président du parti USHE
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