La conférence débat animée par le professeur Zilé Soilihi mardi dernier à l’IFERE, en présence du chef de l’Etat, a confirmé ce que tout le monde sait : l’émergence n’est pas possible si le niveau de l’éducation n’est pas rehaussé. Or, il est incontestable qu’on ne peut pas relever le niveau de notre système éducatif sans la valorisation du métier d’enseignant.
C’est pourquoi il faut une sortie de crise heureuse et apaisée. Le gouvernement ne peut pas se payer le luxe de solder le capital de confiance nécessaire à toute négociation. Sinon, c’est le principe même de la négociation collective qui s’en trouverait dévoyé.
Les élèves du public ont droit, comme leurs camarades du privé, à une année scolaire achevée. L’avancement est un droit statutaire, il ne devrait même pas être négocié. Il devrait être automatique mais aux Comores malheureusement, l’exception devient parfois la règle et la règle l’exception.
La décision du gouvernement de maintenir les dates des examens nationaux et de valider une année scolaire inachevée sera lourde de conséquences. Le Ministre de l’éducation nationale doit vite se ressaisir et l’Etat s’acquitter sans faillir du devoir qui lui incombe d’éduquer les enfants de la République. Cette solution n’est pas la panacée puisque les spécialistes non inféodés savent que les conditions sont loin d’être réunies pour valider l’année scolaire et assurer l’égalité des chances à tous les candidats aux examens nationaux.
La situation exige qu’on reste lucide. D’aucuns savent qu’une crise qui n’est pas résolue dans le respect des normes de la négociation, c’est une bombe à retardement. Une crise mal résolue est une crise non résolue. L’éthique de responsabilité exige que les positions puissent converger.
Le gouvernement veut un contrôle pour être sûr de ne pas payer des avancements à des gens qui ne les mériteraient pas. Soit, mais à condition de raccourcir les délais, car le gros du travail est déjà mâché par la Commission chargée du dossier des avancements. Faut-il rappeler que le gouvernement, après moult concessions faites par les syndicats de l’éducation, s’était engagé à les payer à compter du salaire de mars 2017 ?
Il y a une solution qui pourrait répondre aux exigences du gouvernement tout en dissipant la crainte de l’intersyndicale de voir la satisfaction de ses revendications repoussée à une date improbable : sortir les fiches signalétiques incluant les avancements tels que la Commission les a opérés. Prendre au maximum une semaine pour permettre à chaque chef de service d’y apposer sa signature et son tampon pour attester que l’agent est bel et bien en poste. A la suite de ce contrôle, intégrer les avancements dans le prochain paiement, assorti des rappels qui s’imposent. Verser sans délai les reliquats liés aux avancements précédents. Reprendre les cours jusqu’à fin juillet et organiser les examens au mois d’août.
Tout le monde y trouverait son compte et cela contribuerait à éviter de couvrir le pays de l’opprobre d’un « bac Titanic » version 2017. La prochaine rentrée pourrait alors être envisagée dans un climat apaisé et de confiance retrouvée, dans l’intérêt bien compris de tous.
Chabane Mohamed, enseignant et syndicaliste.
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