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des Comores

Libre opinion: Comores, une montée de la criminalité ! « Il y a des moments où le silence signifie mensonge. » Frantz FANON les Damnés de la terre.

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Libre opinion: Comores, une montée de la criminalité ! « Il y a des moments où le silence signifie mensonge. » Frantz FANON les Damnés de la terre. © : HZK-LGDC

Depuis quelques temps, nous assistons impuissants à la montée de la violence, à la criminalité, à la rumeur des villes, des villages, à la rumeur parfois des places publiques. A cette insécurité, chaque citoyen se demande : Que faire ? Où allons-nous ? Pourquoi cette violence et comment l’éradiquer ? Le pouvoir public lui aussi n’est pas du reste : il s’interroge sur l’origine de cette criminalité. A toutes ces questions, moi, je pense que l’ETAT, « ce monstre froid » doit répondre par la prévention et la sanction. Qu’on ne s’y trompe pas : seule la prévention peut atteindre la racine du mal. D’où, la nécessité de mener une réflexion d’ensemble et qui doit être confiée à un groupe d’éminents spécialistes sur les origines de la délinquance et de la montée de la criminalité.


L’opinion publique (l’homme de la rue), appelle à des sanctions. Celles-ci, peuvent exercer un effet immédiat dissuasif mais elles touchent aussi au grand débat fondamental, qu’aucune société ne peut esquiver, sur la vie quotidienne. Quand un crime est commis quelque part, c’est au tribunal, à la cour d’assise, formée par des citoyens ordinaires, choisis par le parquet et qui exercent le droit en toute souveraineté sans la moindre pression, ni un ordre quelconque émanant du pouvoir exécutif ou du pouvoir des notables.  

Or, depuis l’assassinat de cette jeune fille de Mbéni (HIKIMA AHAMADA), on entend dans la rue des gens de toutes catégories, parler des « sanctions suprêmes » : les oulémas sont sur ce point partagés, leur point de vue « n’est pas forcement pris en considération ». Mais ce que les uns, les autres ignorent, la sanction suprême, la peine de mort, serait susciter le hideux conflit entre la peur et la vie, entre l’horreur du crime et celle du châtiment. C’est pourquoi, la seule démarche positive selon moi, quoique douloureuse, consiste à accentuer dans une première phase l’effort de prévention et de sécurité, pour permettre que viennent le moment où la population comorienne, délivrée de sa crainte actuelle (dans les rues les citoyens ont peur, surtout les femmes) pourra débattre dans toutes ses conséquences du mystérieux, parfois sombre, inaltérable droit à la vie ou à la mort.

La montée de cette violence, de cette criminalité, pose à notre pays musulman, une société calme et paisible, des problèmes d’une autre nature… Rappelons ainsi que la violence individuelle revêt des formes multiples. Elle apparait bien avant de se manifester par des désordres physiques, parfois par un comportement anormal. Dès qu’une force, dès qu’un pouvoir, dès qu’un groupe des jeunes, se laisse conduire de façon excessive par son intérêt ou sa passion sans égard pour le bien commun, il introduit la violence dans la société. Et, tôt ou tard, il la subira à son tour.

C’est vrai de l’école publique ou privée, de même pour l’école coranique car elle cherche à produire des connaissances, elle est donc dans son rôle. Mais si les enseignants de telle ou telle école, font des abus sexuels sur des enfants mineurs, alors l’école n’est plus dans son rôle, elle commet une violence sociale, qui est ressentie comme une agression par ceux qui en sont les victimes.

C’est également vrai lorsque l’administration judiciaire par exemple, forte de ses prérogatives, refuse d’entendre celui qui vient exposer un cas difficile ou dédaignant de reconnaitre dans l’administré un être humain, lui applique par commodité une règle qu’elle sait être inadaptée.

C’est vrai enfin des moyens de communication de masse surtout l’audio-visuel. Lorsqu’ils s’appliquent à transmettre l’information, même celle qui frappe, à montrer des images de la réalité, même saisissantes ou cruelles, à les accompagner de commentaires expressifs, ils exercent leur mission, leur rôle d’informer le public. Mais quand au nom du devoir d’information et à l’abri du droit d’expression, ils poussent le goût du sensationnel jusqu’à la simplification outrancière des faits ;

Quand ce goût conduit à l’étalage complaisant des attitudes ou des manifestations de violence collective, ou à la dramatisation systématique d’événements sans signification, et d’ailleurs bien vite oubliés, on se trouve placé aussi devant une manière d’agression.

Cependant, soulignons que la violence est comme le vent de sable sur la statue : il l’use, la défigure, jusqu’au jour où il l’ensevelit. Qui croit semer la brise récoltera l’ouragan comme dit le proverbe. La paix, la tolérance sont nécessaires pour notre pays ; mais la violence et le crime, ce sont deux maux passibles des peines définies par le droit et dont PLATON disait depuis le quatrième siècle avant le Christ « le criminel a droit au juge comme le malade au médecin. » PLATON De la république.

Professeur Djaffar MMADI, Universitaire - Ancien Ministre

  


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