Les Jeux des îles s’approchent à grand pas. Du 19 au 28 juillet prochains, les îles de l'Océan indien se retrouveront dans le cadre de la 10ème édition des jeux insulaires régionaux. L'article 2 de la Charte qui nous unit définit l'objectif de ces jeux: « instaurer l’amitié et la compréhension mutuelle entre les peuples des Îles de l’Océan Indien dans l’esprit de l’Olympisme ». Il est clair que toute zizanie ou cacophonie comme celle de 2015 à Saint-Paul de la Réunion nuit à cette noble finalité. Alors, plus jamais ça à Maurice et partout où ce rendez-vous amical aura lieu dans le futur. Les tractations commencent à naitre puisque nous nous approchons à cette date. La presse régionale en parle. Imazmag parle déjà de "polémique" parce qu'il n'y aura ni la « Marseillaise » ni le « drapeau tricolore » respectivement entonnée et scandé par les athlètes mahorais. Sauf que là où certains voient une polémique, c’est plutôt une logique pour les Comoriens. C'est un principe qui nous est cher.
Les faits
Comprenez bien cher lecteurs, qu’en 2007, l’Union des Comores sous Azali 1 avait accordé à l’île sœur Mayotte sa toute première participation à ces jeux en tant qu’entité distincte de la délégation réunionnaise. Le comité olympique comorien avait posé ses conditions cette année-là : les athlètes mahorais participeront sans porter des couleurs françaises. Ce qui a été accepté, puis transcrit dans le règlement intérieur. Depuis, Mayotte défilait sous une bannière blanche signe de neutralité. Ainsi, en 2007 comme en 2011, les choses se sont bien passées comme prévues par ce compromis. Mais pas pour longtemps.
Quatre ans après les jeux à Madagascar, soient douze ans après la 1ère participation de Mayotte aux jeux (Mayotte qui, entre autre devient département français depuis 2011), les choses se sont compliquées davantage ; les politiques y prenant encore et plus de goût mettent la pression pour que Mayotte participe, cette fois sous les couleurs françaises. Ce qui n’est prévu nulle part dans le règlement intérieur, et qui par conséquent transgresserait les textes légaux conduisant la compétition.
Une clause comorienne bien négociée
On se souviendra toujours des bruits à propos de l’accord donné à l’époque par le gouvernement comorien quant à la participation d’athlètes mahorais aux jeux régionaux. Parfois c’est seule l’Histoire avec grand « H » qui puisse juger que tel ou tel acteur politique soit illuminé ou plutôt ténébreux. Nos frères mahorais ne doivent jamais oublier cette séquence de notre histoire d’avant 2007, d’après 2007 avec à la clef la clause comorienne leur ayant ouvert la porte à ces jeux. Cette clause n’étant que « venir avec des couleurs neutres ». C’est cette clause que les politiques semblent vouloir mettre à l’écart pour arriver à leurs fins calculées.
De passage à Mayotte, Manuel Vals, alors premier ministre de l’époque avait prédit que « les athlètes mahorais qui remporteront des épreuves chanteront l’hymne national, en tenue de l’équipe de France et sous le drapeau français ». Sauf que ce jour-là, l’ancien chef du gouvernent français n’avait peut-être pas tenu compte du compromis comorien vis avis de Mayotte (Solution Cailloux ?) imposé par l’Union des Comores en 2007. Dans l’île aux lagons, l’opinion fut conquise ou presque. En revanche, cette déclaration tenue par un haut responsable français en la personne d’E. Vals avait formellement embarrassé le Comité Olympique qui devait, soit satisfaire Paris et irriter l’Union des Comores ou l’inverse, calmer Moroni et débouter le Manuel Vals. La pression fut énorme. On peut l’imaginer. Le Comité Olympique avait opté pour la première option en exauçant le vœu de Monsieur Vals. Le Comité olympique s’était rangé, cette année-là au côté français. Mais pour quels résultats ? – Les Comores, froissées, ils se sont sentis humiliés et chiffonnées, et se sont donc retirées officiellement de la compétition, c’était le 2 août 2015. Le cri de l’humilié avait retenti cette année-là, mais grâce à cette clause comorienne bien négociée, la Diplomatie comorienne avait excellemment brillé.
La réussite de la compétition avant tout
La compétition tourna finalement, en 2015 à la dissension avec une série d’improvisations (interdiction de porter de drapeaux pour toutes les délégations par exemple, départ annoncé de la délégation malgache…) au sein d’un Comité Olympique visiblement débordé cette année-là qui fut au bout de l’explosion. Quant à nos athlètes, ils rentraient à la maison où ils ont été accueillis comme des héros nationaux, laissant derrière eux une 9ème édition qui a été tout sauf une réussite.
Le vieux différend politique et juridique entre la France et les Comores est une réalité mais qui ne doit en aucun moment s’inviter à ces évènements censés nous rapprocher entre frères et sœurs des quatre îles.
A Maurice, nous espérons que cette Histoire sombre ne se répète pas, parce que les règles des jeux seront scrupuleusement respectées. Car avant tout, la réussite de la compétition, c’est ce peut encore nous rapprocher davantage.
Abdoulatuf BACAR, Enseignant
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.
© : HZK-LGDC