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Libre opinion / Urbanisme : Quelles mesures prendre pour un statut de Moroni digne d’une capitale ?

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Libre opinion / Urbanisme : Quelles mesures prendre pour un statut de Moroni digne  d’une capitale ? © : HZK-LGDC

A ce 2ème millénaire, de nombreux pays projettent pour de nouvelles villes modernes répondant aux exigences du temps. Et si l’on commence à réfléchir sur un projet de se doter des villes modernes ! Pour l’instant, pensons à l’état actuel de Moroni, notre capitale. Elle est notre fierté collective. Quand les artistes le disent haut et fort à l’instar de Salim Ali Amir, les acteurs politiques, associatifs et autres doivent s’en emparer aussi pour faire de cette belle cause, un combat à gagner.


Moroni, Undroni, Mdroni, Ndo pva mlashahahe, Moroni Blues, Moroni ville-poubelle. Qu’est-ce qu’on n’aura pas entendu ou appris à propos de notre capitale ? Mais ce qui saute le plus aux yeux, c’est son état chambardé permanent : rues et ruelles maculées, bâtiments encastrés sauvagement et sans aucune norme ni logique esthétiques suivies comme repère ; routes encombrées, faute, le plus souvent de mauvaise conduite des usagers (conducteur et piétons), manque de ronds-points (on n’en compte que 5 dont 3 praticables : Coulée, Badjanani, Place de l’Europe), code de la route méconnu par la plupart des conducteurs, parfois même par les agents de la police routière, circulation colmatée à cause de mauvais comportements des uns et des autres, des véhicules garés ou carrément égarés, abandonnés éternellement ici et là, des compartiments sauvages de fortune métalliques longés les longs des boulevards, gobant et ombrageant les logements publics, constructions abusives privées…etc. Comment la circulation dans Moroni peut être fluide avec ces conditions ? Comment peut-on circuler avec fluidité dans une ville capitale comme Moroni où l’on ne compte avec que cinq ronds-points dont seulement trois peuvent répondre aux normes par leurs tailles ?

 

Des petites mesures qui feront l’affaire : désengorger la capitale

 

Cette situation alarmante que je ne saurais peut-être plus vous décrire nous intrigue. Les autorités doivent s’en mêler. Des voix doivent s’élever dépassant celles des artistes, déjà culminantes. Ces voix que l’on voudrait plus dominantes nécessitent plus de résonance. Il faut qu’elles retentissent, qu’elles jaillissent partout pour qu’enfin les Comoriens en prennent conscience pour les générations futures. Ces voix sont celles du syndicat Usukani Wamassiwa qui va devoir prendre le terreau par les cornes, d’abord en s’assurant que les conducteurs sont les premiers à être sages au volent et avertis parce qu’ils connaissent le code de la route. Ces voix sont celles de la brigade routière qui doit désormais toucher le problème dans son fond, en imposant aux autorités compétentes certaines conditions devant permettre aux policiers de travailler dans l’efficacité ; c’est le cas des marquages des routes, de la création de ronds-points à l’intérieur de Moroni pour éviter les manouvres courantes de faire demi-tours où l’on veut. C’est le cas aussi des limitations de vitesse, obligation ou interdiction par des panneaux de signalisation…etc.

 

Pour les marquages, l’idée est de gagner d’espace, habituer les usagers à conduire avec courtoisie et gagner du temps ; prenons l’exemple de la route longeant le célèbre rond-point Coulée jusqu’aux bâtiments Ridjal. C’est une longue route facilement partageable en quatre voies (deux allers et deux retours). Il faut établir un marquage sur cette longue voie, sectionner ce grand boulevard en quatre. Bien évidemment, une fois que l’on se rapproche d’un embranchement, il faut penser à bifurquer pour se placer, soit à gauche, pour ceux qui vont vers la zone d’affaires (banques), soit à droite pour ceux qui vont en centre-ville. Cela suppose tout de même que des véhicules ne se garent ni à l’intérieur des deux chaussées ni à leurs alentours. Or une telle mesure demande résolument l’intervention permanente de la police. En plus, l’Etat peut se faire de l’argent en mettant des amendes aux personnes délictueuses, en enlevant les véhicules qui traînent sur la chaussée…etc. Ça tombe bien d’ailleurs car une loi sur le code routier vient d’être votée à l’Assemblée il y a juste quelques jours.

 

Des actions salutaires du gouvernement contribuent à ce désengorgement

 

Quel plaisir, le fait de se retrouver un matin ou un soir, s’estimant coincé dans un petit angle, dans Moroni-Nord, pas très loin de la Casse 2 M, et de se rendre compte après, qu’un taxi passe sur une route enrobée, s’arrête et te ramène où tu souhaites ! Les routes en construction dans cette zone nordique de la capitale font le bonheur des usagers et offrent déjà un charme à notre capitale.

 

Pour mener à bien des programmes d’embellissement de nos lieux, la mairie, disons les mairies des capitales (pour une généralité) devraient être les premières à manifester cet intérêt. En ce qui concerne Moroni, il va falloir, à mon avis, que l’Etat prône pour la mise en place d’un Institut d'aménagement et de construction de la capitale Moroni. Car ce dernier doit absolument avoir son statut digne d’une capitale.

 

Abdoulatuf BACAR, Enseignant

 


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