La Gazette

des Comores

Libre opinion / Ou sont les pompiers ? L’incendie

  •  
  •   admin
Libre opinion / Ou sont les pompiers ? L’incendie © : HZK-LGDC

Tout le monde sait que pour un incendie il suffit d’une étincelle et d’un matériau inflammable, de préférence un peu d’essence. C’est vrai pour l’incendie dont s’occupent nos braves du Cosap c’est vrai aussi pour le gros incendie qui nous guette au bout de la nuit : il vous suffit juste de lever la tête et vous le verrez tournoyer au-dessus de nos têtes. Non ? Vous ne voyez rien ?


Alors écoutez avec moi ce bout de dispute que j’ai surpris entre deux frères d’un même village à la Grande Comore : « inu nde ezi yahatru ngarifano izo randzawo ngarirengo isho randzawo namlinde eyahanyu (c’est l’étincelle) et l’autre de répliquer : « enamlinde mdje mone » (c’est l’essence) les deux sont jeunes, très jeunes, ils ne savent peut-être pas ce qu’ils disent.

 

Mais le même soir j’entends à la radio officielle jaillir l’étincelle de la bouche d’un « responsable de la mouvance » et dans une autre radio privée, celle-là, l’odeur d’essence de la bouche d’un responsable de « l’opposition ». Alors je comprends, que rien de ce qui nous arrive, rien de ce qui nous arrivera, rien n’est fortuit. On nous prépare un incendie gigantesque d’où personne sauf miracle, n’a aucune chance de sortir ! Merci, Messieurs !

 

Si c’est le genre de dialogue qui s’instaure entre l’opposition et la mouvance quel avenir voulez-vous envisager ? D’un échange aussi puéril, peut- on attendre autre chose que la haine, la colère, le sang, les larmes et le feu ?

 

Ou sont les pompiers ?


Evidemment, le premier réflexe c’est d’appeler à la paix et à la raison, mais comme c’est sans espoir, il faut trouver d’autres méthodes. Les pompiers de cette immense catastrophe ce ne sont pas les Notables, eux qui font et défont de faux conflits et de fausses réconciliations. Nous avons en face une vraie fracture, un vrai fossé qui se creuse entre les iles, entre les citoyens.

 

Les vrais pompiers, ce sont les jeunes. S’ils n’entrent pas dans le jeu, s’ils laissent la politique aux politicards, si le feu n’est pas nourri, alors il mourra de sa belle mort. Si par contre ils s’alignent sur les uns ou sur les autres, s’ils prennent part à un conflit qui ne peut que pourrir leur jeunesse, et les enfermer définitivement dans un avenir pollué de haine, de revanches et de rancunes, alors non seulement le feu ne s’éteindra pas, mais il les entrainera de force dans la géhenne.

 

Ils ne doivent pas mettre de l’huile sur le feu. Avoir 20 ans, c’est-à-dire toute une vie devant soi, et s’engager, les yeux fermés, dans un gouffre de représailles et de contre représailles, c’est mourir avant d’avoir vécu, c’est mourir sans savoir pourquoi !

 

Je ne crois pas au système des partis. Les professionnels de la politique me pardonneront. Les jeunes ne doivent pas s’engager dans un parti quel qu’il soit. Ils doivent faire ce que leurs ainés auraient dû faire ou alors sinon, ils vont vivre deux fois le même cauchemar. « On est mille contre mille, disait le poète, à se croire les plus forts, mais à l’heure imbécile où cela fait deux mille morts, on se retrouve seul »

 

Jeunes Comoriens, n’entrez pas dans la fournaise, vous n’y avez aucun intérêt. La jeunesse a besoin de respirer. Lancez-vous dans cette forêt vierge que sont les innombrables problèmes du pays. Apprenez, étudiez, posez-vous les questions que les pionniers n’ont pas voulu aborder. Trouvez les solutions. Montrez-nous le chemin. Un chemin sans haine et qui sera le vôtre. Vous êtes les vrais pionniers.

 

Ali Abdou Elaniou (publié sur Facebook)

 

 

 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.