Des cris sont lancés ces derniers temps, des cris de détresse par rapport à la situation chaotique que le pays vit avec sa population délaissée. Des cris d’amertume et de désespoir à ces Hommes politiques bien lancés aux présidentielles et aux gouverneurs du 24 mars et 19 avril 2019.
Ces cris d’alarme destinés aux politiques des Comores qu’une fois lancés dans les campagnes, d’éviter de faire des promesses irréalisables aux jeunes – électeurs désespérés. Nous sommes tous témoins de ces promesses faites lors des campagnes présidentielles en 2016 avec le président Azali et ses prédécesseurs, Iklilou ou Sambi. Ils avaient promis de combattre la corruption, le chômage des jeunes, le détournement des deniers publics… Mais qu’en est-il de cette lutte ? Rien surement certains parmi vous en diront. Ils diront et parleront du chômage des jeunes, cherté de la vie, des taxes exorbitantes au niveau de la douane et à l’énergie. Aujourd’hui le chemin à parcourir reste sans issue et la jeunesse est désespérée ! Alors si vous me le permettez :
Qu’est ce qui manque aux Comores ?
C’est une question à la quelle doivent réfléchir les politiques d’hier et des Comores d’aujourd’hui et aussi ceux des iles Autonomes. Je pense qu’avant d’entamer une action politique ou se décider à briguer la magistrature suprême, il faut d’abord procéder à une analyse de la situation du pays et aviser les principaux concernés. Cela évite les erreurs d’une part et évite d’autre part d’avoir la jeunesse enragée dans la rue contre soi. Et justement parlons de la jeunesse, oui « des jeunes, espoirs de demain ! Mais avant d’être « espoir de demain, il faudrait peut être nous donner des espoirs. A commencer par nous donner l’envie de vouloir rester au pays pour travailler sinon de donner la chance à ceux qui sont à l’extérieur de venir travailler au pays et s’y investir. Car il est difficile d’expliquer à la jeunesse d’aujourd’hui, que leur pays a une dignité acquise, un avenir prometteur et des citoyens dynamiques et innovateurs. C’est ce qu’avait essayé de faire le feu Président Ali Soilihi, nous faire prendre conscience que nos atouts sont exceptionnels, qu’on peut changer les choses. A l’époque cela n’avait pas bien marché.
Aujourd’hui beaucoup le regrettent… alors commençons déjà, jeunes, moins jeunes, politiques, parents à accepter notre part de responsabilité dans le non développement des Comores. Si c’est vrai que nous sommes indépendants, alors soyons autonomes. Arrêtons de penser que la France est un Eldorado pour les Comores. Arrêtons de compter sur les autres pour nous en sortir et essayons de nous en sortir avec nos propres moyens et non en attendant l’argent des contribuables ou l’argent envoyé par la diaspora. C’est effrayant aujourd’hui de dire qu’il y ait plus de comoriens à Marseille qu’à Moroni. C’est presque du gâchis, c’est toute une matière grise qu’on donne à un autre pays, alors que nous en avons plus besoin. C’est facile de dire aux jeunes comoriens en France de revenir pour servir le pays, mais il faut leur donner l’envie de revenir et nous donner l’envie de rester. Il faut nous présenter des exemples de gens qui réussissent eux-mêmes au pays sans dépouiller les deniers publics pour qu’on s’en inspire. Et c’est le travail des politiques, d’instaurer un programme social de développement qui fait que, quand un jeune arrive aux Comores, ne reparte pas en disant qu’il n’y aucun avenir ni perspective dans ce pays.
Ces derniers mois ont vu l’organisation des assises nationales. Nous avons vu ce beau monde largement inclusif et représentatif : des politiques élus, la diaspora représentée, les Osc, la jeunesse, des économistes, des experts nationaux comme internationaux…. Au total, un pactole de 800 participants avec un coût inestimable. Alors je me demande pour quel motif de telles assises ? Quels ont été les objectifs visés par ces assises ? Si ces assises constituent un moyen de sortir le pays du marasme politico-économique, alors je pense qu’il fallait s’inspirer du modèle Sud africain ou rwandais :"Vérité et réconciliation". Tout le monde est là, les comoriens ont droit à la vérité : "l’issue des détournements de deniers publics, les coups d’Etat perpétrés dans ce pays, les assassinats de présidents, les fonds de la citoyenneté…".
A en croire, le pays possède une base de données élaborée à l’issue des conférences de Maurice et de Doha qui pourraient servir de base de développement pour les Comores de demain.
Je pense encore une fois que la question n’est pas de regrouper 800 personnes et les arroser de per diem mais le respect de la continuité de l’Etat et de ces projets qui dorment dans des terroirs, c’est l’Etat de droit, c’est le respect des principes démocratiques, c’est une justice équitable, la continuité de l’Etat, une politique d’orientation des investissements, une politique d’investissement attractif pour des bailleurs fiables et non fictifs…c’est la création d’emplois pour subvenir aux besoins de cette jeunesse livrée à elle-même… et comme on a tendance à le dire, la jeunesse est la clé de développement de ce pays mais elle doit être encadrée, soutenue, orientée et instruite et non être un "machin" à des fins électorales. Bientôt des élections présidentielles et des Gouverneurs. Ces 15 dernières années, nous les avons vu au pouvoir, nous les avons côtoyé dans nos Bangwé, nous savons ce qu’ils ont fait de ce pays. Jeunes de demain, personne n’est dupe, c’est votre avenir alors le choix c’est toi qui en décide. Ce pays a beaucoup souffert après 43 ans d’indépendance.
FARIDY Norbert, Enseignant Histoire et Géographie
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