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Libre opinion / Grâce présidentielle et/ou amnistie, la piqure de rappel de Me Mzimba

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Libre opinion / Grâce présidentielle et/ou amnistie, la piqure de rappel de Me Mzimba © : HZK-LGDC

Avec méthode, posé, serein, le ton docte d'un professeur d'université, plus que celui d'un avocat, la voix chargée d'émotion, le bâtonnier du barreau de Moroni, Me Ibrahim Mzimba a touché en plein dans le mille. Lors de son point de presse, le jeudi dernier au Select, il n'y est pas allé par quatre chemins. Tout en rappelant les multiples incongruités qui entachent ce dossier, il a fait ressortir la dimension irrégulière, rocambolesque et saugrenue de toute la procédure, ainsi que la caducité de cette cour scélérate de sûreté, reconnue non seulement par ses propres juges, mais également et surtout par le président de l'Union des Comores.


Me Mzimba a lancé un appel solennel au président Azali pour qu'il aille jusqu'au bout de ses engagements, notamment lorsqu'il a reconnu explicitement les défaillances des magistrats, et la désuétude de certaines institutions judiciaires, lors des cérémonies des vœux de nouvel an, et enclenche la procédure de libération des victimes abusivement condamnées par cette cour, en leur accordant une grâce présidentielle. Prérogative constitutionnelle discrétionnaire du président de l'Union, l'a-t-il rappelé.

 

À la veille des élections, poser cet acte courageux et salutaire, serait un signal fort, parmi d'autres, dans la perspective de garantir des élections libres, régulières et transparentes dans un climat apaisé. Me Mzimba a aussi tenu à interpeller les députés, en leur rappelant les devoirs liés à leurs charges. Les élus de la Nation ne doivent plus continuer à jouer à la politique de l'autruche. Ils ont des responsabilités énormes, et doivent se montrer à la hauteur de leur mission.

 

Les députés peuvent, eux aussi, corriger les abus de cette cour illégale et anticonstitutionnelle, en votant une loi ordinaire d'amnistie. Avec cette loi, les victimes de la cour recouvreraient leurs droits civiques. Législateurs, contrôleurs de l'action publique, les députés ne doivent pas se défausser, il y va de l'intérêt supérieur de l'État, et de la viabilité des institutions.

 

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