Ces jours-ci, on ne parle que des assises. Il faut s’asseoir et parler de ce qu’on n’a pas fait de bien durant les quarante-deux années d’indépendance. Peut-être on parlera aussi du mal et du bien qu’on a fait pendant cette période. On aurait dû faire cela, mais on ne l’a pas fait. C’était ta faute, c’était le mien surtout c’était la faute de ceux qui sont décédés et qui n’auront pas l’occasion de se défendre. Et à la fin c’est quoi ?
Des plaies cicatrisées ouverts à nouveaux. A quoi sert des assises pour parler des quarante-deux ans passés alors que la majorité de la population, la jeunesse, n’a pas vécu l’essentiel des évènements. Pourquoi ne pas consacrer l’énergie à l’action. Et laisser le bilan aux historiens quitte à les aider avec des programmes de recherche financés par le gouvernement.
Je crois que nous avons la magie de compliquer la simplicité. Gouverner et faire développer les Comores est quelque chose de possible avec simplement de la volonté, de l’amour pour la nation et du bon sens. Qu’est ce qui empêche de trouver une solution pérenne à la question de la gestion des déchets pour rendre nos villes salubres et attractives.
A quoi sert le Ministère de l’éducation dès lors qu’on laisse mourir l’enseignement public en laissant piluler dans les villages des écoles privées dont la qualité de l’enseignement est douteuse. La privatisation à outrance de l’éducation, bref le business de l’éducation laisse les familles abattues devant prendre en charge l’écolage des enfants avec des ressources limitées voire inexistantes.
N’est-ce pas intéressant pour le gouvernement de prendre des mesures volontaristes à la hauteur des enjeux. Comment pourra-t-on faire le bilan des années passées alors qu’on détruit les quarante-deux prochaines années en ne mettant pas le paquet sur l’éducation, le mérite et l’insertion des jeunes diplômés ou non dans le monde du travail.
Nous savons bien que pour développer un pays, il faut une administration efficace et compétente pour mettre en œuvre les politiques publiques. Une stratégie de réforme de la fonction publique existe. Pourquoi ne pas la mettre en œuvre pour moderniser notre administration et fournir les services de qualité dont la population a besoin.
S’asseoir pour s’auto-flageller et se renvoyer la balle de la responsabilité de l’échec ne contribuera pas à faire avancer les choses. Les plans de développement, les stratégies sectorielles existent. Les documents sont disponibles. Les lois qui devraient encadrer l’action publique et la gouvernance sont là. Qu’attend-on pour se mettre au travail.
Je suis persuadé qu’avec une vision, une détermination et une mobilisation de la population, on pourrait réaliser des actions concrètes et déclencher la dynamique d’un vrai développement pour notre cher pays.
Mohamed Ibrahim Abdallah (CHEIKH)
Spécialiste en politiques de développement
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