La Gazette

des Comores

La vraie histoire de "c'est moi !"

La vraie histoire de © : HZK-LGDC

C'était pendant les grandes vacances. Un jeune garçon qui résidait chez les gaulois avec ses parents, a été envoyé chez sa grand-mère, au pays natal, sous les cocotiers, pour voir la famille. Et dans la maison de sa grand-mère, il y avait une cour arrière. A l'intérieur de la cour, avait été installé un robinet qui permettait à la famille de prendre l'eau. Mais comme sa grand-mère était très pointilleuse sur l'utilisation de l'eau, dès qu'elle entendait quelqu'un s'approcher du robinet, de sa chambre, elle demandait toujours qui c'était.


Et quand le jeune  "je viens" s'approchait du robinet et que  la grand-mère disait " qui c'est ?", le petit lui répondait : "c'est moi !". Un  jour, un de ses nombreux cousins était en train de prendre de l'eau au robinet et comme d'habitude la vielle dame de crier : "qui  c'est ?" Et le cousin de répondre : "c'est moi !". En ce moment là, on entend la grand-mère vociférait : "Menteur, c'est moi est ici… avec moi ».

 

Vous l'aurez sans doute compris, dans cette histoire les seuls mots en français sont : « c'est moi ». Cette histoire illustre un petit peu, les genres de situation que l'on retrouve dans les familles pendant les grandes vacances, avec l'arrivée des petits ''je viens''.

 

Elle pose de manière drôle le décalage qui s'installe entre nos enfants et notre langue maternelle, qui est ces dernières années, très malmenée. Il suffit d'écouter les nouvelles chansons en vogue du genre ''tsi tombé nawé' ou ''tsina uparo sorté'' etc…. pour y percevoir une créolisation rampante de la langue comorienne. Il y a quelque temps déjà, le linguiste Pierre Lafon, au cours d'une conférence au Centre national de documentation et de recherches scientifiques (Cndrs), avait tiré la sonnette d'alarme.

 

Si aujourd'hui, nous continuons à perdre notre âme, c'est aussi parce que nous continuons à perdre notre langue dans l'indifférence, il est vrai, de nos chercheurs.

 

Ainsi donc, la vraie histoire de "c'est moi" est celle de la recherche d'une identité. A nous de faire en sorte que "c'est moi" soit vraiment lui et non un autre.

 

Mmagaza

 


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