La Gazette

des Comores

La théorie du petit caillou

La théorie du petit caillou © : HZK-LGDC

Saint Just : « On veut bien être rigoriste en principes, lorsqu’on détruit un mauvais gouvernement. Mais il est rare que, si l’on vient à gouverner soi-même, on ne rejette bientôt ces mêmes principes pour y substituer sa volonté. »


Il n’est pas rare de voir au bord de la route, face au trottoir, juste après la pluie, un petit caillou placé devant un nid de poule. Son objectif est d’empêcher que la roue d’une voiture ne tombe dans le trou et ne fasse éclabousser l’eau, qui la plupart du temps mouille un passant ou rentre par la porte d’un magasin situé à côté.

 

Cette façon de faire, correspond à nos comportements, dans notre manière de résoudre un problème. Nous préférons le plus souvent, le contourner, que d’y faire face et de trouver une solution durable, selon l’expression consacrée. Combien de fois, nous trouvons des piliers qui retiennent une maison en train de s’effondrer alors que des personnes habitent dedans.

 

On peut citer des exemples, qui vont dans le même sens, à savoir que nous préférons retarder la recherche de solutions pérennes, nous contentant le plus souvent de palliatifs. Ce que nos lointains cousins gaulois appellent un cautère sur une jambe de bois. En clair, nous devons prendre conscience du temps que nous perdons, en recherchant des solutions de facilité, qui à la longue nous apportent plus de problèmes que nous en avions au départ. Nous sommes surtout, connus pour être le pays des urgences car cela nous permet, le plus souvent, de n’avoir pas à rendre des comptes, du moment où il fallait parer au plus pressé.

 

Toutefois à l’heure des grands réseaux de communications, quand nous voyons la marche branlante de Comores telecom, même lors de l’absence de Telma, il y a de quoi se poser des questions, sur notre capacité à sortir de la fracture numérique. L’efficacité ne peut pas toujours être jugée en termes financiers. Il faudrait aussi, s’interroger sur la rentabilité en termes d’utilité pour nos concitoyens. Ce qui est loin d’être le cas chez nous.

 

Aussi l’on se demande si la solution viendra de tous ces politiciens qui à force de retourner leur veste, on a le plus grand mal à distinguer les couleurs. Même si aujourd’hui, l’on constate que partout dans le monde, la bonne gouvernance peine encore à se mettre en place, il n’en demeure pas moins qu’avec une dose de bonne volonté, on pourrait faire avancer les choses dans les îles de la lune.

 

Nous devons sortir de la théorie du petit caillou et oser proposer des solutions à la mesure des attentes de notre jeunesse et de l’ensemble de notre population. Car nous ne pouvons pas éternellement rester l’homme malade de l’océan indien et nous rappeler cette maxime de Sénèque "Il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va".

 

Mmagaza

 


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