Cette journée du 09/02/2023 restera tristement mémorable dans les consciences des Comoriennes et des Comoriens: le jour où mon ami Ali Mzé Hamadi nous a définitivement quittés. Ali Mzé que j'ai connu réellement à Dunkerque, avec maman Houda, en 1980, dans le cadre de la mobilisation des travailleurs pour la situation au pays.
Oui, mais qui, en effet, a plus de 20 ans aujourd'hui à Moroni, prétendra n'avoir jamais entendu parler du directeur de GSFA (Groupe Scolaire Foundi Abdoulhamid) ? Alors qui osera avouer qu'il n'est pas touché par cette fin définitive ? Il faut dire que le destin peut être ingrat, sans raison ni aucune conscience : pourquoi ne pas s'en prendre à tous ces maudits qui pullulent partout ? Pourquoi choisir celui qui par son travail illuminait dans la plus grande discrétion, tout le pays : Anjouanais, Mahorais, Moheliens et Wangazidja qui ont moins de 55 ans ou ont fait leurs études au GSFA ou entendu parler de cette école, la 1ere École privée du pays.
Ali Mzé était un sage accro - si je peux marier les deux termes - de la pédagogie. Sa présence silencieuse rendait les élèves - du CP à la terminale, silencieux. Je connais des "ex- Abdoulhamidiens" qui ont passé les concours les plus ardus en France et qui les ont obtenus et qui travaillent dans les sociétés les plus rémunératrices telles "TotalEnergies" ou dans la construction des avions à Toulouse.
Ali Mzé Hamadi qui maîtrisait l'histoire des Comores - il était historien-géographe - qui a fait ses débuts au CNDRS a toujours eu un amour passionné pour notre pays. C'est pourquoi, lorsque Maman Houda - Saïdat, sa femme - a été affectée à Maurice par le PNUD, avec le salaire idoine -, au bout d'un an, ils sont revenus à Moroni, car Ali, ne pouvait pas être loin de ses élèves. Donc une vraie passion.
Mais Ali Mzé était aussi cet homme qui dans le privé - mari de Saïdat, père de Houda, d'Amir, de Fahmy et de Moina Amina, frère de Mohamed Taki et de Maman Fahamia - et de tous les autres -, se montrait d'une grande empathie dans les relations très fraternelles avec tous ses frères et sœurs, neveux et nièces, du moins ceux que je connais. Vous pouvez donc comprendre la profondeur de notre affliction, de presque tous les Comoriens d'ici et d'ailleurs - Canada, USA, France, Maroc, Sénégal...- à l'annonce de la chute du baobab qui faisait rayonner les jeunes intelligences Comoriennes.
Vous pouvez comprendre la douleur de la famille de cet homme.
Vous pouvez saisir l'intensité de la douleur de tous ceux qui l'ont côtoyé.
Vous pouvez, je suis certain, comprendre ce que ressentent dans la profondeur de leur âme tous ceux qui ont fréquenté de près ou de loin, Ali Mzé Hamadi.
Qu'Allah t'accueille, mon frère Ali, avec bienveillance, dans son Royaume.
Pr Mohamed TOIHIRI
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