La Gazette

des Comores

Habari za ulanga / La théorie du petit caillou

Habari za ulanga / La théorie du petit caillou © : HZK-LGDC

Il n’est pas rare de voir au bord de la route, face au trottoir, juste après la pluie, un petit caillou placé devant un nid de poule. Son objectif est d’empêcher que la roue d’une voiture ne tombe dans le trou et ne fasse éclabousser l’eau, qui la plupart du temps mouille un passant ou rentre par la porte d’un magasin situé à côté.


Cette façon de faire, correspond à nos comportements, dans notre manière de résoudre un problème. Nous préférons le plus souvent, le contourner, que d’y faire face et de trouver une solution durable, selon l’expression consacrée. Combien de fois, nous trouvons des piliers qui retiennent une maison en train de s’effondrer alors que des personnes habitent dedans.

 

On peut citer des exemples, qui vont dans le même sens, à savoir que nous préférons retarder la recherche de solutions, nous contentant le plus souvent de palliatifs. Ce que nos lointains cousins gaulois appellent un cautère sur une jambe de bois. En clair, nous devons prendre conscience du temps que nous perdons, en recherchant des solutions de facilité, qui, à la longue nous apportent plus de problèmes que nous en avions au départ. Nous sommes surtout connus pour être le pays des urgences car cela nous permet, le plus souvent, de n’avoir pas à rendre des comptes, du moment où il fallait parer au plus pressé.

 

Vous trouverez partout des exemples qui reflètent cet état d’esprit un peu partout dans le pays. Cet état d’esprit se retrouve surtout, dans les administrations mdjidjengo des îles autonomes. La politique de l’autruche est appliquée dans les différents services avec la même constance et à la longue on peut penser que cela déconcertera ceux qui sont animés de meilleurs sentiments à l’égard du travail bien fait.

 

Par ailleurs ; la situation analysée par La Chambre régionale de comptes Mayotte-La Réunion publie un rapport accablant sur la gestion des ressources humaines au Conseil départemental de Maoré et qui est  relayée par le journal Clicanoo de La Réunion, montre que dans l’ile sœur tout ne va pas très bien entre autres dans le meilleur des mondes, en matière de transparence budgétaire.

 

Selon ce journal « le rapport sur la gestion des ressources humaines au Département de Mayotte sur la période 2012-2017 est édifiant sur des pratiques scandaleuses qui perdurent. Le document de la Chambre régionale des comptes montre comment ces pratiques de gabegie budgétaire apparaissent endémiques. Il décrit aussi un système profondément inégalitaire, clientéliste et profitant à une petite caste organisée pour se répartir à tour de rôle les avantages au détriment de ceux qui restent en marge».

 

En d’autres termes, dans un pays où les lois sont toujours vécues par certains comme des entraves qu’il convient de contourner ou tout simplement d’ignorer, il faudrait revoir notre approche des problèmes. Il serait souhaitable que les administrations revoient leur façon d’appréhender leurs rapports avec leurs administrés et appliquent une gestion axée sur des résultats, à l’instar des projets de développement.

 

Mmagaza

 


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