Traduit mot à mot, « le travail, c’est le blanc ». Combien de fois, avons-nous entendu cette expression rabâchée sous nos oreilles, après un travail mal fait ? En fait pour un certain nombre de nos compatriotes, nous ne sommes pas encore mûrs pour occuper certaines responsabilités. Des expressions du genre, « wowakati wahé mzungu, ndrongodjizo kazidjadjokiri », au temps des temps du blanc, des choses pareilles ne se produisaient pas, sont devenues courantes.
Cette manière de penser, nous la retrouvons souvent chez nos anciens. Et pourtant une frange de la population semble partager cette vision. Cela est dû, bien sûr, à la façon dont nous travaillons actuellement. Nous avons pris l’habitude de bâcler les tâches. Nous n’avons pas de respect pour la forme des choses que nous présentons. A chaque fois, nous nous contentons de laisser aux gens, avec l’impression fausse, que les choses avancent, alors que nous pataugeons allègrement dans la mare.
Un des débats actuels, porte sur l’absence de sanctions réelles pour tous ceux qui se rendent coupables de délits. La notion de faute est une donnée inconnue dans les îles de la lune. On préfère parler « d’un moment d’égarement » pour justifier des détournements de fonds publics et autres malversations politico-financières.
Nos hommes en écharpes dans la plupart de nos localités sont utilisés pour apporter leur onction au malheureux égaré et le sortir du trou où la justice avait cru l’installer pour expier sa faute. Mais justement la notion de délit est inconnue dans les îles de la lune. Tous ceux qui sont attrapés la main dans le sac des deniers publics et autres prévarications, sont considérés comme n’ayant pas eu de chances là où beaucoup d’autres sont arrivés à s’en sortir.
Il va de soi que vivant dans un espace exiguë, nous avons besoin de développer des aspects de solidarité et de rapports sociaux apaisés. Nous reconnaissons tous l’existence de ressources humaines capables de porter à bras le corps le pays. Mais nous avons le plus grand mal à gérer ce potentiel préférant nous tenir à tout ce qui est superflu. La sphère politique occupe une place prépondérante au détriment de secteurs qui pourraient dans une certaine mesure, contribuer à un réel développement de nos îles.
A ne rien faire, on peut arriver à croire qu’il n’y a rien à faire, disait quelqu’un quelque part. Chez nous, sous le soleil, que certains nous envient tant, nous avons toutes les peines du monde à nous mettre d’accord sur le chemin à prendre, pour une destinée, qui ne peut être que commune.
Aujourd’hui, nos compatriotes se sont mis à danser le « ngoma ya nyobé », le fameux tam-tam bœufs. Il s’agit, vous l’avez compris, d’éviter de se faire écorner et arriver à s’en sortir indemne de l’arène. C’est une stratégie ou une tactique qui semble avoir beaucoup d’émules. Mais dans le cas où vous ferez un faux pas, vous pouvez être sûr qu’une écharpe de notable peut vous aider à sortir de l’enclos.
Tout cela n’est guère réjouissant pour le futur. Et pourtant, ce raisonnement pessimiste doit toutefois être nuancé par d’autres facteurs, comme l’émergence d’hommes et de femmes mieux formés et animés d’un esprit d’excellence. « Yeyatowa tsozi kadjasaza yililo….. ».
Mmagaza
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