La grâce accordée à l’ancien vice-président Djaffar Ahmed Said par le chef de l’Etat semble faire partie de la fenêtre d’opportunité dont il compte faire passer la date du 26 mai, date correspondant à la fin du mandat présidentiel selon l’ancienne constitution.
C’est un peu à ces genres de questions que John W. Kingdon a tenté de répondre avec son célèbre modèle de la fenêtre d’opportunité (policy window) dans un ouvrage paru en 1984, « Agendas, Alternatives and Policies » et qui est devenu un classique de la littérature en matière de mise en œuvre des agendas.
Il semblerait que l’équipe présidentielle soit en train travailler sur une nouvelle équipe gouvernementale en essayant de faire revenir sur la scène nationale d’anciens compagnons de route du président.
Il faut constater qu’au sein des oppositions à l’actuel locataire de Beit-Salam, l’absence criante de projet de société et la cohorte de chefs ne permet pas une visibilité au sein de l’opinion. L’on constate surtout une certaine cacophonie dans les différentes stratégies de la multitude de composantes : Entre les complotistes de tous poils, les doux rêveurs et autres procureurs de la Toile et ceux qui prônent le regroupement des forces pour 2024, le peuple ne sait où donner de la tête.
Un des problèmes dans nos iles de la lune est que la plupart de nos compatriotes n’ont pas les pieds sur terre. La géopolitique qui gouverne le monde semble être un concept bien lointain. La problématique liée aux rapports de forces ne semble pas les concerner. Cela touche particulièrement notre diaspora, celle résidant en France et qui semble toujours amalgamer notre pays à un confetti de l’empire colonial français.
A chaque fois ils exhibent leurs papiers « français » pour demander aux autorités françaises de s’ingérer dans nos affaires intérieures. Aujourd’hui cette diaspora est devenue en quelque sorte l’otage de nos politiciens locaux. Et pourtant cette diaspora regorge en elle toutes les potentialités dont peut avoir besoin un petit pays pauvre comme le nôtre. On ne peut que souhaiter que la jeune génération fasse preuve de pragmatisme et s’impose dans ses domaines d’excellence et permet de changer l’image du pays pour le bien-être de notre population.
Pour l’heure, nous nous retrouvons dans ce que nous écrivons depuis des lustres : les iles de la lune sont devenues le cadre où les différents leaders s’interdisent mutuellement toute expression d’une quelconque originalité ou d’une quelconque combativité. En effet, on se frotte les mains devant l’inconsistance du régime, tout en veillant à ce qu’aucun partenaire ne parvienne à bien se positionner en vue d’échéances inévitables.
Finalement, on se surprend à noter que le seul consensus réel de notre classe politique consiste d’une part à se partager le pays en autant de portions congrues et d’autre part, à glisser des peaux de bananes vers l’autre soi-même pour lui donner des coups de gourdins à l’occasion et tant pis pour ceux qui croyaient révolu le temps des sultans batailleurs !
Mmagaza
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