« Avoir toujours raison est un grand tort ». Cette phrase de Turgot, reprise par le président du conseil Edgard Faure dans ses mémoires en 1982, illustre ce qui se passe un peu dans les iles de la lune.
En effet, sous nos cocotiers il n’est jamais bon d’avoir raison sur la masse. Et l’histoire du président Ali Swalihi est là pour nous le démontrer. Nous sommes dans un pays où il est difficile de trouver quelqu’un, qui, sur une question donnée, vous avouera son ignorance. Il trouvera toujours une explication à vous proposer.
Vous lui demander pourquoi il fait si chaud, il vous répond que c’est à cause de la mode déshabillée de nos jeunes filles et il vous ajoutera qu’en principe il devrait faire plus chaud si l’on tient compte du degré de la dégradation des mœurs. En fait, nous n’avons rien à apprendre, nous devons nous contenter d’écouter, ceux qui monopolisent la parole dans les bangwés, dans les réseaux sociaux, dans les médias privés, etc… Il semble que tous ces gens là ont des solutions à nous proposer pour sortir de l’ornière.
Dans les iles de la lune, la parole a toujours été reine. Les maitres de la parole ont toujours fleuri un peu partout dans nos localités. Ce qui amenait le feu président Abdallah à faire sien l’adage : « la langue n’a pas d’os ». Aujourd’hui, le débat s’est focalisé sur les concepts d’émergence et de gouvernance démocratique
En fait il semble que la problématique réside dans le fait que c’est la survie d’un certain nombre de castes politiques qui est en jeu. Et on voit mal certains, contribuer à scier la branche sur laquelle ils sont assis en ayant dans leur bec un fromage. Mais cela est une autre histoire.
En définitive nous savons tous que l’impunité est devenu la règle numéro un dans ce pays. L’arrogance et le mépris sont devenus les concepts sur lesquelles certains puisent leur force oubliant au passage qu’un pouvoir ne dure qu’un temps, le temps d’un instant, diraient certaines mauvaises langues.
Les iles de la lune sont un carrefour de cultures et de civilisations. Elles ont des opportunités à saisir et des atouts à relever. Sans une prise de conscience affirmée sur le plan politique autour d’une vision globale sur le devenir du pays, le microcosme politique continuera de naviguer tel un frêle esquif à travers les méandres d’une mer déchainée appelé mondialisation.
Le temps est venu pour nous d’admettre là où nous avons failli et d’ouvrir le débat sur de nouvelles approches pour un développement au service du pays. Si nous en avons à cœur cela, les moyens pour y arriver ne nous ferons pas défaut. À moins de vouloir rester dans « lebotsi no Msetro », pour encore un bout de temps !
Notre drame est que les multiples leaders sous les cocotiers ont décidé de faire siennes ces paroles d’un personne de Jean Cocteau : « Puisque ces mystères m’échappent, feignons d’en être l’organisateur».
Et dans ce contexte pour beaucoup de nos compatriotes, notre pays demeure un grand mystère.
Mmagaza
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