La Gazette

des Comores

Habari za udunga: Un bienfait mal récompensé

Habari za udunga: Un bienfait mal récompensé © : HZK-LGDC

La Commission de l’Océan Indien (COI) est créée en 1982 à Port-Louis par les ministres des Affaires étrangères de Maurice, de Madagascar et des Seychelles. En 1984, l'Accord général de coopération signé à Victoria (Seychelles), institutionnalise l'organisation. En 1986, les Comores et la France, au titre de La Réunion, intègrent l'organisation. En 1989, la COI est dotée d’un secrétariat général. Elle réunit cinq pays de l'océan Indien occidental: Union des Comores, Seychelles Madagascar, Maurice, la France (au titre de La Réunion).


Pour les pères fondateurs de la Coi, celle-ci ne devait comprendre que les Îles indépendantes de la sous-région, rejetant d'emblée La Réunion. Ironie du sort ce sont les Comores, à la demande de la France, qui ont plaidé pour l'intégration de cette île française à la Coi, non sans mal. Aujourd'hui, la Coi est portée par Maurice qui abrite le Secrétariat Général et surtout par la France qui en assure le fonctionnement et le financement des programmes grâce aux fonds de l'UE destinés à la coopération régionale.

 

C’est ainsi que du statut d'invité, la Réunion-France est devenue la maîtresse de maison, décidant de tout et de rien. Forte de cette position dominante au sein de cette Organisation, la France entend y imposer sa vision politique et géostratégique, impliquant, notamment, la mise en cause de l'intégrité territoriale de certains États membres, dont les Comores. Comme cela a été démontré lors d’une rencontre le 7 juillet dernier, au lendemain même de la célébration de la fête de l’indépendance des Comores, où l’Ambassadeur de France auprès de la COI en compagnie du nouveau Secrétaire Général de cette même COI, a fait une sortie provocatrice sur la prétendue «francité» de l’île comorienne de Mayotte et sur leur désir de faire adhérer Mayotte à la COI. Nos deux hauts fonctionnaires ont cru, semble-t-il avoir trouvé la belle opportunité de vouloir humilier, une nouvelle fois, les Comores.

 

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le nouveau Secrétaire Général de la COI doit se préparer à trouver les Comoriens devant lui. Il devrait aller prendre conseil chez Patrick Kranner, ancien ministre français du Sport, qui a vu tout un peuple se soulever suite à sa décision de faire défiler les athlètes mahorais avec le fanion français, lors des Jeux des îles de l’Océan organisé à l’île de la Réunion de 2015.

 

Seule organisation régionale d’Afrique composée exclusivement d’îles, elle est censée défendre les spécificités de ses États membres sur les scènes continentale et internationale. En effet, les États insulaires sont particulièrement vulnérables aux chocs externes, qu’ils soient économiques et financiers, climatiques et écologiques, alimentaires et énergétiques. Il n’empêche que notre pays semble obnubilé par cette organisation au point d’oublier les structures régionales continentales dont nous faisons partie constituant l’arbre qui cache la forêt.

 

Les propos à l’emporte-pièce de Marcel Lescure, cet ambassadeur d’une autre époque, soutenu par Velayoudom Marimoutou, nouveau Secrétaire Général de la COI, amènent tout Comorien à se poser la question suivante : Mais diantre à quoi sert la COI ? En posant la question de cette manière, on imagine aisément que la réponse ne peut être que négative. Aussi, avec la prochaine organisation des jeux des iles, les Comores vont devoir une fois de plus subir des pressions pour l’intégration de l’ile comorienne de Maoré dans cette organisation régionale.

 

Les autorités comoriennes ont toujours acceptés la participation des jeunes mahorais dans la délégation française de l’ile de la Réunion mais il s’avère qu’une fois de plus, avec l’échec des communautés des iles, la France va sortir le grand jeu pour imposer Maoré comme une entité séparée de l’ile de la Réunion. Dans ce contexte la question qui va se poser, touche la marge de manœuvre du gouvernement comorien face à une telle situation? Quelle sera la position des autres pays face à un tel dilemme ? Les autorités malgaches actuelles sont à couteaux tirés avec Emmanuel Macron sur les iles Eparses revendiquées par Madagascar. Cette dernière, il y a un certain temps, s’était rapprochée des positons françaises sur la question mahoraise. Qu’en est-il aujourd’hui ?

 

En tout état de cause, les Comores doivent dès à présent avoir une position claire sur les prochains jeux car comme on le constate la direction française actuelle de la COI a commencé à annoncer la couleur. Un homme averti en vaut deux, dit l’adage. L’Indianocéanie oui mais pour un vrai respect des pays qui la compose.

 

Mmagaza

 

 


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