Il est reconnu par les spécialistes des sciences humaines que chaque communauté est porteuse d’exigences spécifiques qui dépendent de leurs systèmes sociaux et de leurs représentations culturelles. Aussi, on peut s’interroger à l’infini sur ce thème, concernant les îles de la lune.
Beaucoup d’études ont révélé que le dysfonctionnement de l’administration comorienne se traduit par une insuffisance en moyens financiers, matériels et en ressources humaines bien formées et expérimentées. On relève toujours une inadéquation entre les ressources humaines prévues dans les cadres organiques et les besoins réels pour remplir les missions dévolues aux institutions. A cela, l’on constate la plupart du temps une absence de textes définissant les mandats, les missions et les responsabilités des institutions entre l’Union et Îles. Il y a un manque de connaissance et de compréhension des objectifs et orientations des politiques et stratégies nationales. On observe une absence de planification et d’évaluation du travail des individus au sein des institutions en charge des différents départements ministériels sur la base d’attentes signifiées répondant au plan de travail et au mandat de l’institution.
On note par ailleurs une absence d’un processus transparent basé sur des critères de compétence et de motivation permettant d’éviter l’ingérence des liens politiques et sociaux dans les nominations des agents à des fonctions techniques. Il existe aussi une absence de culture de performance basée sur la valorisation de l’intégrité et des attitudes constructives et collaboratives et aussi une absence de motivation du personnel (conditions de travail désastreuses, rémunération irrégulière, nominations et promotions non accordées sur des bases transparentes), absence de communication suffisante des informations sur les objectifs et activités menées par les départements techniques.
Tous ces éléments, vous les retrouverez dans les rapports des experts nationaux et du système des Nations Unies. Cela amène les analystes à dire que les autorités gouvernementales à tous les niveaux ne sont pas suffisamment éclairées et sensibilisées sur les enjeux notamment les décisions et les recommandations qui sont adoptées lors des multiples ateliers et autres séminaires et cela amène l’opinion à s’interroger à tort ou à raison sur leur utilité. Et pourtant il ne sert à rien de se voiler la face. Dans les îles de la lune, nous sommes passés maîtres dans l’art du contournement des difficultés. Nous avons un mal fou à exprimer notre refus de quelque chose. Il faut qu’on nous accule dans nos derniers retranchements pour que nous sortions les griffes tel un fauve.
Il faut le reconnaitre, nous avons été toujours avares d’initiatives hardies. N’oublions pas que dans cette histoire de pétrole, notre positionnement géographique fait que notre pays doit avoir les cartes en mains pour éviter de se trouver en portes à faux avec les grands voisins de la région. En effet, nous sommes considérés, à tort ou à raison, comme étant le maillon faible dans la zone. Aussi nos choix doivent nous amener à adopter une capacité à plier sans casser, à l’image du roseau de la Fontaine, face à un monde en proie à l’instabilité. Le Secrétariat général du gouvernement semble avoir pris la mesure de tous ces problèmes évoqués plus haut. Mais dans ce combat, il y a l’art et la manière. Dans les îles de la lune, il faut savoir naviguer entre ces deux concepts, à défaut on se trouve à ramer à contre-courant des objectifs visés. Une administration performante constitue une fenêtre d’opportunité à notre portée.
Mmagaza
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